Le dossier relatif à la valorisation et à la promotion de la gomme arabique au Mali évolue. Rappelons que déjà en décembre 2007, la gomme malienne avait fait l’objet d’une présentation spécifique aux journées du Mali à Genève. Lundi dernier, un atelier de validation d’un Projet d’étude d’opportunité de réduction de la pauvreté par la promotion de l’exportation de la gomme arabique dans la région de Kayes, s’est tenu à l’hôtel Massaley. Spécifiquement, les zones de Diema, Nioro et Yélimané ont été retenues comme lieux d’expérimentation du projet pilote.
Organisé conjointement par les ministères de l’Économie, de l’Industrie et du Commerce et de l’Environnement et de l’Assainissement, l’atelier a fait le point de la situation de la gomme arabique dans notre pays. Il ressort de cet inventaire que des potentialités importantes existent dans le domaine même si pour diverses raisons la production est fluctuante. Ainsi, par exemple, 13.000 ha et 10.000 ha cultivables sont identifiés dans les régions de Kayes et Tombouctou.
La possibilité de la mise en oeuvre de plantations artificielles a également été établie bien que cette hypothèse soit limitée par les problèmes fonciers, qui constituent un goulot d’étranglement pour les investissements du secteur privé. L’étude a, par ailleurs, montré que notre gomme a longtemps été classée par certains pays importateurs dans la catégorie des gommes de qualité douteuse en raison des conditions de collecte et de stockage surtout pour la gomme friable.
Fabrication des boissons. La filière connaît également l’impact des sécheresses cycliques. A la différence d’autres produits d’exportation, l’acacia senegal n’est pas destiné à la consommation intérieure. La quasi-totalité de la production est exportée. A cause de la mauvaise qualité, la filière peine à trouver des débouchés en l’absence de demandes extérieures solvables. Les opérateurs de la filière obtiennent difficilement des prix intéressants sur le marché international en comparaison avec la gomme provenant du Soudan, du Tchad, du Nigeria ou du Sénégal. Il est important de souligner que notre gomme n’est ni transformée ni labellisée et le Mali réimporte la matière transformée.
La demande mondiale de gomme arabique en 2005 était de 100.000 tonnes contre une offre mondiale de plus de 70.000 tonnes. Les trois principaux pays importateurs mondiaux sont la France, les États-Unis et la Grande Bretagne. Le Soudan en est le premier producteur mondial suivi du Tchad et du Nigeria. L’offre du Mali quant à elle tourne autour de 430 tonnes.
Les domaines d’utilisation de la gomme sont nombreux. Le produit intervient comme stabilisant dans la fabrication des boissons comme la Coca Cola. D’ailleurs Coca Cola est une des plus grosses entreprises utilisatrices de la gomme arabique. Elle intervient également comme liant dans la fabrication des comprimés. Elle est utilisée aussi en confiserie, teinturerie, cosmétique. Parce qu’elle n’est pas calorifique, elle est incolore et ne dénature pas les produits.
La finalité du présent projet est la réduction de la pauvreté des populations de la Région de Kayes par l’exportation en connectant les communautés pauvres aux marchés. L’autre objectif est la gestion durable du potentiel gommier dans la zone du projet. Le montant du financement du projet, dont la durée est de 5 ans, est évalué à 2 270 426 dollars US.
L’initiative prévoit la création de 50 emplois permanents et 200 emplois temporaires, la production de 2000 tonnes de gomme par an, toutes qualités confondues, la formation de 1000 personnes en techniques de saignée. Le projet prévoit, aussi, l’installation d’une unité moderne de transformation, 5 banques de stockage équipées de matériel de tri et de conditionnement ainsi que la mise en valeur de 200 ha de vergers gommiers. Il s’agit d’apporter un appui substantiel au projet pour faire en sorte que la gomme du Mali sorte de la tutelle des exportateurs des pays du corridor, qu’elle améliore sa qualité à l’exportation et se construise son propre label. Après validation, le projet va entamer la recherche de financement. Rappelons que depuis la phase conceptuelle, les partenaires financiers ont été associés à l’initiative.
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