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Sommet de la désunion à Doha

Minés par leurs divisions internes, les dirigeants arabes se réunissent la semaine prochaine au Qatar dans le but d'offrir une image d'unité afin de reprendre l'initiative au Moyen-Orient face à la montée de la droite en Israël et à l'influence grandissante de l'Iran. "La réconciliation interarabe figure en bonne place à l'ordre du jour du sommet" de Doha, a déclaré le vice-secrétaire général de la Ligue arabe, Ahmed ben Helli.
Pour favoriser une telle réconciliation, le roi Abdallah d'Arabie saoudite a organisé le 11 mars à Ryad un deuxième mini-sommet avec l'Egypte et la Syrie, après celui du 19 janvier à Koweït en marge d'un sommet économique arabe.

Ces deux rencontres ont permis à Ryad et au Caire de reprendre contact avec Damas après l'offensive meurtrière d'Israël à Gaza (27 décembre-18 janvier), qui avait accentué la division du monde arabe en deux camps.

L'Arabie et l'Egypte soutiennent le président palestinien Mahmoud Abbas, alors que la Syrie, tout comme le Qatar, appuie les islamistes du Hamas, qui contrôlent la bande de Gaza.

Parallèlement, le Hamas et le Fatah de M. Abbas ont repris leurs discussions au Caire sur la formation d'un gouvernement d'entente nationale. Ce dialogue a toutefois été suspendu jusqu'au 1er avril, alors qu'il était conçu pour aboutir à des arrangements, même de façade, avant le sommet de Doha.

Les querelles palestiniennes constituent "un danger plus sérieux pour notre juste cause que l'agression israélienne", a averti mardi le souverain saoudien.

"Les négociations interpalestiniennes, sous le parrainage de l'Egypte, prendront le temps qu'il faudra", a, pour sa part, affirmé le rédacteur-en-chef du quotidien saoudien Al-Watan, Jamal Khashoggi.

Se voulant optimiste, il a assuré que "les interférences syriennes et iraniennes (dans les affaires palestiniennes) ont cessé".

"Le Hamas défend (désormais) ses propres intérêts", a ajouté M. Khashoggi, dont les vues sont considérées comme proches de celles des autorités saoudiennes.

Il a affirmé qu'il n'y avait "pas de veto (arabe) contre le Hamas, un mouvement qu'il faudra impliquer dans le processus de paix au Proche-Orient, avalisé par tous les pays arabes".

Le ton est également à la conciliation dans l'autre camp.

"La réconciliation syro-saoudienne a sans doute des implications positives", a déclaré la semaine dernière le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Mouallem, à la télévision Al-Jazira.

Il a pressé Israël d'accepter le plan de paix arabe, qui lui offre, depuis 2002, une normalisation des relations diplomatiques en échange de son retrait des territoires occupés en 1967.

Ce plan d'inspiration saoudienne "est sur la table et sa réactivation nécessite son acceptation par Israël", a dit M. Mouallem.

Mais les perspectives pourraient être compliquées par le retour au pouvoir en Israël du chef du Likoud (droite), Benjamin Netanyahu, un "faucon" opposé à la création d'un Etat palestinien souverain dans les territoires occupés.

L'ombre de l'Iran, pays chiite dont l'influence régionale est de plus en plus redoutée par les pays arabes, majoritairement sunnites, notamment l'Arabie saoudite, planera également sur le sommet.

Par ailleurs, le sommet de Doha reste dans l'attente d'une possible présence du président soudanais Omar el-Béchir, sous le coup d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité au Darfour, région de l'ouest du Soudan en proie depuis 2003 à la guerre civile.

"Il a été invité", se contentent d'indiquer les organisateurs, sans dire s'il fera le déplacement.

Publié le 27 mars 2009.

http://insidethegulf.com
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