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Editorial : La Guinée suspendue de la réunion des chefs d'Etat et des ministres de la CEDEAO - Une démarche inappropriée et inefficace

L´information vient de tomber sur le desk de GUINEE24. Après l´Union Africaine, c´est la CEDEAO qui vient de suspendre la Guinée de l´organisation sous-régionale. C´était ce samedi 10 janvier à Abuja, au terme d´une rencontre de Chefs d´états et de gouvernement consacrée essentiellement à la Guinée.

"La Guinée est suspendue de toutes les réunions de la Cédéao au niveau des chefs d'Etat et des ministres, jusqu'à la restauration de l'ordre constitutionnel", déclare Mohammed Ibn Chambas, président de la commission de la CEDEAO.

Jamais, depuis que le vent de la Démocratie a soufflé sur la côte ouest-africaine, la CEDEAO ne s´est comportée vis à vis d´un Etat membre de l´Organisation, parce que l´armée s´est emparée du pouvoir. Manifestement il y a anguilles sous roche. Quel guinéen ou opposant se cacherait derrière ces décisions de la Communauté africaine et internationale qui ferme les yeux sur des cas flagrants du Togo après la mort du général Eyadema et la prise du pouvoir par son fils Faure Gnasimgbé, et qui continue à fermer les yeux sur les dictatures abominables pratiquées au Cameroun, au Gabon ; au Tchad... où, les résultats des élections sont connues d´avance ?

La Mauritanie n´appartient pas à la CEDEAO depuis plusieurs années. Ce pays de la côte ouest-africaine qui a claqué la porte de l'institution régionale et qui retrouve aujourd'hui, petit à petit le chemin de la prospérité économique et du progrès social a t-il été empêché dans son développement ?

La CEDEAO comme le dirait l´autre, est un club d´amis, de copains, de coquins…, incapable de faire face à ses causes fondatrices.

Elle oublie qu´en Guinée, à la mort du général Lansana Conté, l´Assemblée Nationale n´avait plus de légitimité, son mandat ayant expiré depuis plus de deux ans.

Déclaration de principe ou non, la démarche de la CEDEAO qui reconnaît les efforts louables du CNDD dans sa déclaration d'Abuja, sont des schémas classiques inopérants et expriment la contradiction qui caractérise l´institution ouest-africaine. Une pathologie dont souffrent toutes les institutions internationales.

Les élections ne signifient pas la démocratie, quand celles-ci ne sont pas libres et transparentes comme ça toujours été le cas en Guinée, et ce, depuis décembre 1993, permettant au peuple de désigner ses gouvernants.

En conséquence, de quel retour à l´ordre constitutionnel parle la CEDEAO ?

Si un ordre constitutionnel il y a eu en Guinée, c´est celui qui a permis à Lansana Conté de garder le pouvoir à vie. Jusqu´à la mort le 22 décembre 2008.

Et ce n´est pas un hasard, si face à cette réalité connue de tous, sauf de la CEDEAO, des chefs d´états africains comme Abdoulaye Wade du Sénégal, le colonel Mouammar Kadhafi pour ne citer que ceux là ont manifesté leur soutien au CNDD, le temps que ce dernier mette à exécution sa promesse d´organiser les élections libres, transparentes et démocratiques en décembre 2010.

Peut-on être plus royaliste que le Roi ? Assurément non !

La Guinée, dans son ensemble y compris les partis politiques, la société civile, les syndicats a pris acte du coup d´état et adhère de facto aux idéaux prônés par le CNDD. Le peuple souverain l´a crié dans les rues. Et lui seul détient la légitimité.

La Guinée et la CEDEAO n´ont pas les mêmes priorités. Aujourd´hui, pour le citoyen lamda l´organisations d´élections rapides paraît peu ou pas nécessaire à l´instauration d´une bonne gouvernance axée sur la restauration de l´autorité de l´Etat, l´accès à l´eau potable, à l´électricité, à l´emploi, la poursuite de tous les prétadeurs de l´économie guinéenne. Bref, le CNDD a besoin non pas des récriminations ou des sanctions, cette démarche n´a jamais fait ses preuves dans le passé, mais du soutien des Guinéens, de l´Afrique et du monde pour préparer l´avènement d´un régime civil, après avoir fait le ménage de l´administration. Il a besoin du temps et de la patience de tous pour remettre la Guinée sur scelle avant de remettre le pays à un pouvoir civil.

"Au lieu de nous condamner, il faut nous accompagner", a décalré récemment le capitaine président Moussa Dadis Camara aux diplomates étrangers et aux institutions internationales accrédités en Guinée.

La France, ancienne puissance colonisatrice a compris cet appel empreint de bonne foi du Chef de l´Etat, et n´a pas traîné les pas pour manifester son soutien au nouveau pouvoir, en dépêchant à Conakry M. Alain Joyandet, secrétaire d'état français chargé de la coopération et de la francophonie qui a déclaré au terme de son séjour : "Il n'est pas question de remettre en cause la coopération entre la Guinée et la France".

Tant mieux si la CEDEAO et l´Union Africaine comprenaient. Sinon….

GUINEE24
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