La République démocratique du Congo fait partie des 28 pays les plus exposés à un ‘‘ risque extrême ’’ du changement climatique, selon une étude réalisée sur 166 pays que vient de publier la société britannique Maplecroft, spécialisée dans l’évaluation des risques internationaux pour le monde des affaires.
Il s’est agit, pour les experts ayant produit cette étude, d’évaluer les capacités des pays à gérer les risques induits par les bouleversements climatiques. ‘‘ Il s’agit de se concentrer sur la vulnérabilité, sur la capacité des individus, des communautés, des économies et des sociétés à faire face aux risques ’’, ont précisé les auteurs de l’étude.
Ainsi, ont été étudiés, l’économie, les institutions et la gouvernance, le développement humain et la santé, les écosystèmes, la sécurité de l’approvisionnement en ressources et enfin la répartition de la population et les infrastructures. Et les résultats ont permis de classer de 0 à 10, de ‘‘ risque extrême ’’ à ‘‘ risque faible ’’.
Comme l’avait déjà prédit plusieurs scientifiques, ce sont les pays pauvres de l’Afrique et de l’Asie du Sud qui payeront le lourd tribut du changement climatique engendré par les pays industrialisés par leurs émissions de gaz à effet de serre. En effet, sur les 28 pays exposés à un ‘‘ risque extrême ’’, 22 se situent en Afrique sub-saharienne.
Outre la RDC, les experts ont épinglé le Rwanda, le Burundi, la Somalie, le Nigéria, le Tchad, la Gambie, la République centrafricaine et la Guinée, pour ne citer que ceux là, comme pays exposés à risque extrême. En Amérique du Sud, c’est le Haïti qui est exposé à un risque extrême alors qu’en Asie du Sud sont épinglé l’Afghanistan, le Bangladesh, le Sri Lanka, le Pakistan et dans une moindre mesure l’Inde.
Selon les experts, il ne s’agit pas là des pays qui seront le plus concernés par le réchauffement climatique, mais plutôt des pays qui n’auront pas suffisamment de moyens tant matériel, structurel, technologique que financier pour endiguer les bouleversements du climat ou pour faire face à certaines urgences des catastrophes naturelles.
Appel à la solidarité internationale
Le cas de la RDC est plus surprenant d’autant que le pays dispose du deuxième massif forestier du monde, un véritable puits pour absorber les carbones émis par les pays pollueurs. Ce qui nécessite une réelle volonté politique à l’échelle mondiale et surtout une solidarité à reconnaître les services environnementaux que rend la RDC à toute l’humanité à travers ses 145 millions d’hectares de forêts tropicales. De ce fait, la RDC devrait bénéficier de l’aide de la communauté internationale pour s’adapter au réchauffement climatique.
D’ailleurs, pour la société britannique Maplecroft, la publication de cette étude a pour objectif d’encourager une prise de conscience gouvernementale à l’échelle mondiale et de faire émerger des politiques d’adaptation au changement climatique. Ceci, pour qu’il ne fasse pas payer un plus lourd tribut aux pays déjà malmenés par d’autres enjeux énergétiques, alimentaires, sanitaires, sociaux et belliqueux. Ainsi, la question de la responsabilité des pays les plus émetteurs de gaz à effet de serre est posée.
En guise de rappel, cette étude révèle que les pays les plus industrialisés qui sont en même temps les plus grands pollueurs de la planète seront, en effet, les moins exposés aux bouleversements climatiques. Dans cet ordre, la Norvège, la Finlande, le Japon, le Canada et le Royaume-Uni sont à l’autre extrémité du classement comme pays faiblement exposés au risque du changement climatique. Les Etats-Unis et l’Australie, les deux plus gros émetteurs des gaz à effet de serre sont classés parmi les vingt pays les moins vulnérables.
Selon des données du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) et de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), il est indiqué que la vulnérabilité du continent africain face au changement climatique est beaucoup plus forte qu’on ne le pensait.
Ces institutions estiment que moins de 30 % des infrastructures côtières d’Afrique, y compris les aménagements humains au long du Golfe de Guinée et des côtes sénégalaises, gambiennes et égyptiennes, risquent d’être submergées ; moins de 25% à plus de 40 % des habitats d’espèces en Afrique pourraient disparaître d’ici 2085 ; le rendement des cultures céréalières baissera de 5%, au plus, d’ici les années 2080 et les cultures de base, comme le sorgho au Soudan, en Ethiopie, en Erythrée et en Zambie, le maïs au Ghana, le millet au Soudan ou l’arachide en Gambie, se détérioreront également en raison du changement climatique.
Yollande Lumwene
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