De récents travaux de recherches menés par divers laboratoires paléontologiques, ceux du CNRS et de l’université de Chicago, ont déclaré que le plus grand désert du monde, le Sahara, n’a pas toujours été le désert aride d’aujourd’hui. Il a été une savane tropicale, verdoyante, parsemée de lacs. Le Sahara couvre actuellement une superficie de 8 millions de km² et traverse dix pays d’Afrique: le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, l’Égypte, le Soudan, le Tchad, le Niger, le Mali et la Mauritanie. Un groupe de chercheurs du laboratoire environnement et paléoenvironnements océaniques réunissant L’EPOC de l’université de Bordeaux et le CNRS, de l’École des Hautes Études de Paris montrent que le Sahara aurait été largement arrosé au cours d’une période appelée «période africaine humide», située entre -14.500 et -5.500 ans.
Le fameux «pot au noir» des navigateurs
Selon les scientifiques, le climat du sud saharien résulterait de son emplacement. Il est situé dans une zone de convergence intertropicale, appelée «pot au noir» par les navigateurs. Ce lieu est comme une ceinture de seulement quelques centaines de kilomètres du nord au sud, près de l’équateur. Elle est constituée par la convergence des masses d’air chaudes et humides provenant des tropiques et déplacées par les alizés. Cette zone est redoutée des marins et des pilotes à cause de l’instabilité météorologique qu’elle provoque.
Le upwelling, phénomène océanographique
Par l’analyse sédimentaire faite au large de la Mauritanie à l’aide du carottier du navire de recherches océanographiques Marion Dufresne, les scientifiques ont mis en évidence une forte diminution des upwellings et des vents au cours d’une période allant de -180.000 à -170.000 ans, ce qui laisse penser qu’un climat de mousson s’était établi sur le continent africain, arrosant copieusement le Sahara, pendant ces 10.000 ans.
En effet, la remontée des eaux, appelée upwelling en anglais, est un phénomène océanographique qui survient lors de forts vents marins, laissant un vide dans l’océan. Lors de la remontée des eaux, de nombreux nutriments sont aspirés des fonds marins puis, s’établissent en surface ce qui provoque la multiplication des organismes marins retrouvés par la suite dans les sédiments marins. On a observé qu’à la remontée des eaux, la mer devient froide et riche en phytoplancton. Les pêcheurs sont alors heureux puisqu’il y a une abondance de poissons.
Un site archéologique confirme la vie du désert