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Quand l’Afrique décide de se prendre en charge

Le président Bouteflika prendra également part au Sommet du comité des dix sur les changements climatiques. Par la même occasion, le chef de l'Etat assistera aux festivités commémoratives du 40e anniversaire de la Révolution du 1er septembre 1969. S’agissant du Sommet consacré aux conflits en Afrique, plusieurs cas devraient être examinés par les participants. La multiplication des foyers de tension dans le continent, au cours de ces dernières années, suscite l’inquiétude de la communauté africaine. Pour se prémunir contre d’éventuelles ingérences étrangères, occidentales notamment, les dirigeants africains, à travers les structures traditionnelles (l’Union africaine), s’emploient à trouver des solutions à tous ces conflits, en encourageant les initiatives de médiation et des pourparlers entre parties en conflit. Ils ont à se pencher notamment sur les guerres fratricides au Congo, au Tchad, au Soudan, au Nigeria, en Erythrée.
Si la plupart des cas relève de la lutte pour le pouvoir, les enjeux peuvent cacher d’odieuses conspirations étrangères aux visées néocolonialistes. Les soupçons pèsent sur le Darfour, par exemple, où les enjeux politiques internes s’imbriquent avec des luttes d’intérêt entre puissances économiques. A noter que l’Algérie a toujours joué un rôle positif dans le règlement des conflits en Afrique, notamment en Erythrée dans les années 1990, ou plus récemment au Mali entre le gouvernement malien et les rebelles touaregs, et ce en se proposant comme médiateur.

Une nouvelle ère s’ouvre pour la Libye
La Jamahiria libyenne célébrera demain le quarantième anniversaire de la Révolution du 1er septembre 1969. Un anniversaire qui coïncide avec un événement significatif pour l’histoire de ce pays soumis à l’embargo international depuis vingt ans : la libération, il y a quelques jours, de l’agent libyen accusé dans l’affaire Lockerbie. Cela a été le résultat d’une longue démarche entamée depuis six ans par la multiplication des signes de bonne volonté envers la communauté internationale. Tripoli a eu notamment à résister aux pressions qui se sont exercées sur le Conseil de sécurité pour refuser à la Libye le droit à la levée des sanctions à cause de l’affaire Lockerbie. En 2003, la Libye reconnaît pour la première fois sa responsabilité civile dans l’affaire et se dit prête à verser des indemnités importantes (2 millions de dollars pour chacune des victimes, au nombre des 274) en échange de quoi Tripoli bénéficiera d’une levée définitive de l’embargo dont il est victime, et par-là d’une réhabilitation internationale. Dans cette optique, le régime de Kadhafi n’a ménagé aucun effort pour redorer son blason, tant sur le plan diplomatique que sur celui du discours. C’est le fils du colonel Kadhafi, Seyf El-Islam, jeune héritier du «trône», qui se voit chargé de cette mission en sa qualité de président d’une association à caractère caritative. Concernant la position de la France, qui menace d’utiliser son droit de veto au Conseil de sécurité contre un projet de résolution que le gouvernement britannique, appuyé par Washington, s’apprête à déposer, Kadhafi Junior l’explique par le ressentiment qu’a dû provoquer le traitement réservé aux victimes françaises du crash d’un DC10 en 1989 dans le désert nigérian, imputé au régime libyen, les ayants droit de celles-ci n’ayant perçu qu’une «somme relativement infime» en guise d’indemnisation. La réhabilitation du régime libyen n’a pas tardé à prendre forme. En septembre 2003, le Premier ministre espagnol, José Maria Aznar, s’est rendu en visite officielle à Tripoli. C’est le premier dirigeant occidental à se rendre officiellement en Libye depuis 1988, date de l’instauration de l’embargo économique et aérien sur ce pays suite à l’affaire Lockerbie. Une nouvelle ère s’ouvrait pour le régime du colonel Kadhafi qui a souffert d’un long isolement sur la scène internationale. Cette initiative survient moins d’une semaine après la levée des sanctions contre ce pays par le Conseil de sécurité des Nations unies, résultat de l’initiative prise par le régime de Tripoli d’indemniser les familles des victimes du crash de l’avion américain à Lockerbie en 1988, puis celles des victimes du crash de l’UTA français suite à l’intervention des autorités françaises sur cette affaire.  Voilà une dictature, reconnue pourtant coupable de crimes terroristes, qui s’en sort blanchie et réhabilitée au prix de quelques millions de dollars versés, chose qui paraissait invraisemblable quelques années auparavant. Que signifie cette mesure de clémence au bénéfice d’un régime totalitaire (le régime dictatorial de Saddam Husseïn irakien n’a pas eu cette chance), au moment même où des menaces de sanctions internationales pesaient sur un pays, la Syrie (autre pays classé sur la liste des «Etats voyous»), pour des crimes qu’il n’a pas commis, en cherchant à le punir de façon tout à fait préventive, c’est à dire de manière tout à fait illégale et illégitime.


31-08-2009
Mussa Acherchour

http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=80147&idc=4&date_insert=20090831
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