Ce conte a été écrit il y a une quinzaine d'années, peut-être plus.
Une lectrice m'a indiqué être gênée par les passages "hot". Cela m'a amené à vouloir exprimer, à tort ou à raison, mes "motivations" :
Elles sont essentiellement "politiques" :
Pour les pays que je connais un peu, beaucoup, ou moins : le Tchad, le Gabon, Madagascar, il n'y a pour moi aucun doute, les structures antérieures à la colonisation perdurent, et sont, pour l'ensemble de la population, "légitimes".Y compris pour les "élites" occidentalisées.
Un critère important, sinon capital, est l'importance ou non des mariages "inter-ethniques". J'ajouterai la nuance suivante, que j'ai constaté au Gabon pour les tchadiens : le critère ethnique s'affaiblit à l'étranger. Les tchadiens ne font plus trop de cas de l'ethnie hors de leurs frontières, il subsiste les différenciations linguistiques (l'arabe véhiculaire, ou le sara, ou le français) et religieuses (musulmans ou chrétiens), évidemment. J'en tire (hâtivement ?) la conclusion que les frontières acquises par la colonisation (totalement artificielles au Tchad, à mon avis) sont devenues une réalité.
La lutte contre les structures traditionnelles était tout à fait compréhensibles de la part du colonisateur, pour affermir son pouvoir. Et le colonisateur ne préparait pas la décolonisation. Quand celle-ci est devenue inéluctable, à tort bien sûr, le colonisateur s'est débarrassé le plus vite possible du problème. La Françe sortait, affaiblie et appauvrie, de deux guerres coloniales successives. Bien entendu, les "élites" occidentalisées de l'époque, comme celle d'aujourd'hui, n'avait aucun intérêt à perdre le pouvoir chèrement acquis, au prix d'une déculturation, en réhabilitant les structures légitimes. Leur pouvoir ne peut se maintenir que par le fossé d'incompréhension entre les systèmes politiques internationaux et les structures traditionnelles (quand ce fossé n'existe pas, par exemple en Arabie, le pouvoir est dans les mains des "légitimes").
Autre motivation : montrer si possible que "le commerce de ses charmes" n'a aucun rapport avec la prostitution comme en Europe. Il existe au Gabon une expression amusante, qui, elle, se rapproche de la conception de la prostitution : "faire son cul, boutique" ... elle n'est pas toujours péjorative.
Enfin, l'homme, et la femme, est un, il n'a pas le cerveau d'un coté et "le cul" d'un autre. Cette exclusion réciproque m'a toujours ulcéré. Elle est sans doute une conséquence du christianisme, peut-être de toutes les religions. Un des cinéastes qui, pour moi, est un des plus importants de notre temps, Jean Jacques Annaud, fait des films qui montrent "tout", comme "La guerre du feu" ou "L'amant". Croire qu'il s'agit de "faire du chiffre" est une erreur qui fait passer à coté de ces films. Bien sûr, je ne me compare pas, je ne suis pas un créateur, même petit.
http://www.mediapart.fr/club/blog/pmabeche/160809/retour-au-fongoro-motivations