Si, pour ce moment de l'histoire au moins, le monde ne compte plus de conflit majeur opposant frontalement une nation contre une autre - à l'image de la guerre opposant l'Iran à l'Irak au cours de la décennie 1980 -, si les armes paraissent s'être tues dans un pays comme le Sri-Lanka après plus de vingt ans d'affrontements avec la guérilla Tamoul, ou en voie de se taire comme en Irak, la guerre n'en reste pas moins présente dans le paysage. Ainsi, en Afghanistan, la réorganisation des talibans a-t-elle poussé les États-Unis et ses alliés sur le terrain - dont la France qui a engagé près de 4 000 hommes - à accroître leur effort et à redéfinir une stratégie. Depuis le printemps, de violents combats se déroulent dans le sud du pays : ce week-end, la Force internationale en Afghanistan a d'ailleurs subi une lourde perte avec la mort d'un soldat français et de cinq Américains. De l'autre coté de la frontière, l'armée pakistanaise semble enfin déterminée à en découdre avec ses propres talibans et les combattants d'Al-Qaida qui ont trouvé refuge dans les zones tribales du Nord-Ouest.
En Somalie on assiste également à un regain d'intensité des affrontements entre différentes factions islamistes. Une situation qui ne fait qu'accentuer un peu plus la dérive de ce petit pays devenu le principal abcès de fixation de la piraterie dans le monde. Mais si ceux-là sont sous les feux de l'actualité, ils ne doivent pas faire oublier des conflits comme celui qui, au Soudan, ravage la province du Darfour, au Tchad oppose le gouvernement en place à une rébellion soutenue par le voisin soudanais, ou encore la guerre civile qui perdure en République Démocratique du Congo. Rien que depuis octobre dernier, la persistance des conflits en Afrique centrale et orientale a jeté 350 000 nouveaux réfugiés sur les routes.
Les zones de tension
Ainsi pourrait-on dénommer ces régions du monde où la situation est telle qu'elle constitue une menace pour la paix globale. À ce titre, le Moyen-Orient et notamment la persistance du conflit israélo-palestinien est bien sûr le premier exemple qui vient à l'esprit. D'autant que la région est partie intégrante de ce fameux « arc de crise », qui va des contreforts de l'Hindou Koush au Levant, et qui concentre les situations les plus potentiellement explosives de la planète, entre la guerre d'Afghanistan, le délitement de l'État pakistanais ou encore la probable nucléarisation de l'Iran. Si un calme (relatif, car rien n'est vraiment réglé) semble désormais prévaloir dans les Balkans, le Caucase, autre zone de tension traditionnelle, reste perturbé par les conflits persistants en Tchétchénie, Ingouchie ou en Géorgie. En Asie, outre le cas de la Corée du Nord (lire ci-dessous), la situation qui prévaut au Tibet et plus encore au Xinjiang demeure lourde de menaces pour l'équilibre de la Chine.
Les conflits gelés
Ni vraiment la paix, ni vraiment la guerre, comment décrire autrement la situation qui règne entre l'Inde et le Pakistan, l'Arménie et l'Azerbaïdjan, la Géorgie et la Russie ou, encore, les deux Corée ? Autant de frontières dangereuses où le feu ne demande qu'à se rallumer à la faveur du moindre incident ou des calculs d'un des belligérants potentiels comme en témoignent les déclarations de Moscou ce week-end à propos de l'Ossétie du sud ?
Les zones en proie au terrorisme
Outre les pays de « l'arc de crise » et du Maghreb où, sous la pression d'Al-Qaida, le terrorisme islamique semble en passe de retrouver une nouvelle vigueur, de nombreuses régions du monde sont concernées, comme les récents attentats islamistes en Indonésie viennent de nous le rappeler. L'Europe n'est pas non plus épargnée. En l'absence de nouveaux attentats attribués à Al-Qaida, le terrorisme basque continue de s'y manifester.