Ne pouvant plus s’appuyer sur les réseaux de son défunt père après avoir frustré les sbires habituels du palais en manquant de respect envers presque tout le monde ; et en tenant compte de la fragmentation de l’électorat du PDG du fait de nombreuses scissions d’anciens poids lourds, Ali réalise enfin que ses espoirs reposent désormais sur deux aléas : l’indolence des électeurs et bien sûr la fraude.
Sur le premier point il est mal parti, car autant les Gabonais étaient unis dans la tristesse après la disparition du chef de l’État, autant ces mêmes Gabonais sont déterminés à saisir l’opportunité qui leur est offerte de tourner définitivement la page sur le Bongoïsme et d’embrasser un avenir où les préoccupations des citoyens ordinaires deviennent les priorités du gouvernement. Ainsi le défaitisme qui caractérisait les années Bongo a fait place à un engouement réel : les Gabonais croient en un avenir meilleur et ils sont conscients que celui-ci passe par leur participation massive en faveur du candidat de leur choix (qui on le sait déjà ne sera jamais Ali).
Il reste donc au fils à papa sans charisme, c’est-à-dire Ali Bongo, une seule option : la fraude. Et il s’y attèle déjà.
Tenez par exemple le cas du docteur Moussavou, un compatriote dont les déboires nous sont rapportée par le site de l’UPG :
« Cela ne vaut la peine de faire le tour de la ville car partout il y'a un manque de carnets d'inscription », avoue un maire. L’équation est simple : Pas de carnet = pas d’inscription = incapacité de voter = opportunité de gonflage des résultats.
Mais les magouilles ne s’arrêtent pas là. Aux Etats-Unis, l’ambassade du Gabon vient d’émettre un communiqué demandant aux Gabonais qui se sont déjà inscrits de revenir « pour un complément d’informations ». Ceux qui ont pu faire un deuxième déplacement affirment qu’on leur a demandé de donner le nom de leur père et celui de leur mère, faute de quoi leur inscription est invalidée et ils ne pourront donc pas voter. Imaginez cela : Quelqu’un a pris la peine de faire le déplacement de Chicago, Houston, ou Atlanta à Washington pour s’inscrire. Lorsque la personne était là on ne lui a pas demandé de donner le nom de son père ou de sa mère. Mais c’est après que la personne soit rentrée chez elle à des centaines de kilomètres qu’on lui demande de s’acheter un autre billet d’avion afin de se rendre à Washington !!!
Vous avez tout compris : l’objectif de ces manœuvres de découragement ou d’exigences superflues est de causer l’irritation au sein des populations afin qu’elles tombent dans le cynisme. Donc qu’elles s’abstiennent de voter.
Il est donc du devoir de chacun de nous d’exhorter nos frères, sœurs, père, mère, cousins, cousines, oncles, tantes, voisins, voisines, bref, toutes nos connaissances à ne pas se décourager. Même s’il faut camper devant les bureaux d’inscription, on doit le faire. La lumière est au bout du tunnel.
Quant à vous cher Ali retenez ceci : les Gabonais ont pris note de vos manœuvres, et vous serez sanctionné le moment venu. « Itchéyi la binéké n’ikokou », dit un proverbe Kota. Traduction : l’œuf ne danse pas avec le caillou.
Source : Tout Sauf Ali (http://www.toutsaufalibongo.com)