Les deux agents français enlevés mardi à Mogadiscio vont être "jugés bientôt selon la loi coranique" pour "avoir aidé les ennemis d'Allah", a déclaré samedi, sous couvert d'anonymat, un haut responsable des extrémistes islamistes somaliens des shebab. "Les hommes que nous avons pris aidaient le gouvernement apostat (somalien) et leurs espions. Donc, ils seront bientôt jugés et punis selon la charia. Ils feront face au tribunal pour espionnage et pour être entrés en Somalie pour aider les ennemis d'Allah", a affirmé ce haut responsable. Et de conclure : "La décision sur leur sort dépendra (...) du tribunal islamique qui entendra les charges pesant contre eux." Depuis plusieurs mois, les insurgés islamistes des shebab mènent une offensive sans précédent pour renverser le fragile gouvernement somalien de transition soutenu par la communauté internationale.
Les deux Français, qui seraient des "conseillers" de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) venus apporter une aide en matière de sécurité au gouvernement fédéral somalien , auraient par ailleurs été "éloignés" de la capitale somalienne.
Les otages monnaie d'échange contre des pirates ?
L'enlèvement pourrait être lié à l'arrestation de pirates somaliens par la France. C'est ce qu'a déclaré vendredi Ali Ibrahim, ministre somalien des Affaires sociales . "Tant qu'ils seront entre les mains des shebab, les négociations seront difficiles", a prévenu le ministre somalien. La France détient en effet une quinzaine de pirates somaliens interpellés depuis avril 2008 lors de trois opérations pour libérer des otages au large des côtes de la Somalie.
Par ailleurs, trois employés étrangers d'une organisation humanitaire ont été enlevés dans la nuit de vendredi à samedi au Kenya, à la frontière somalienne, par des hommes armés qui les ont emmenés en Somalie, où les rapts d'étrangers se multiplient.
Les trois employés, dont on ignore encore la nationalité, ont été pris dans leur bureau à Mandera - à 800 kilomètres au nord-est de Nairobi - ville située à la frontière avec la Somalie et peuplée essentiellement de Somalis kényans, a-t-on indiqué de sources somaliennes et kényane. Des étrangers sont régulièrement enlevés en Somalie, pays en guerre civile depuis 1991, avant des demandes de rançon. Journalistes et humanitaires sont particulièrement visés par ces enlèvements crapuleux.
http://www.lepoint.fr/actualites-monde/2009-07-18/somalie-les-otages-francais-vont-etre-juges-selon-la-charia/924/0/362506