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La difficile succession de Bongo

La mort du chef de l’Etat gabonais a été officiellement déclarée hier, à Barcelone où il était hospitalisé. A Libreville, l’inquiétude se mêle au deuil.

Moins de vingt-quatre heures après l’annonce, par une source proche du gouvernement français, de sa mort, le décès d’Omar Bongo, 73 ans, président du Gabon depuis quarante et un ans, a été reconnu par le Premier ministre, Jean Eyeghe Ndong. Le même ministre qui, un peu plus tôt, l’avait formellement démenti ! Officiellement, donc c’est « à 14 h 30 » hier, qu’Omar Bongo Ondimba a « rendu l’âme des suites d’un arrêt cardiaque ».

Le communiqué a mis fin à l’incertitude sur le sort du président gabonais, hospitalisé depuis le début du mois de mai à Barcelone, dans un état jugé critique. Selon nos informations, une équipe de médecins français était venue épauler leurs confrères de la clinique Quiron de Barcelone. D’après certains médias proches du pouvoir à Libreville, il a même été question, un temps, d’un transfert à Paris du président gabonais vers une antenne médicalisée mieux adaptée à sa maladie, sans doute un cancer de l’intestin. « Mais cela aurait été compliqué », confie une source française.

 


Pas de successeur désigné


Depuis le début de l’hospitalisation du chef de l’Etat gabonais, Elysée et Quai d’Orsay étaient tenus au courant, jour après jour, parfois heure par heure, de l’évolution de son état de santé. Très préoccupant, avait pu constater le secrétaire d’Etat chargé de la Coopération, Alain Joyandet, le dernier membre du gouvernement français à avoir vu Bongo vivant. Il s’était rendu en mars 2009 à l’enterrement de sa jeune épouse, Edith Lucie, en compagnie du secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, et l’avait trouvé très affaibli.

A Libreville, dès les premières rumeurs de la disparition du président, la peur a gagné les habitants. Les rues se sont vidées, les taxis étaient rares. Les boutiques et les restaurants ont fermé, les stations-service ont été prises d’assaut. Absence de dauphin nettement désigné et d’opposants crédibles, volonté de la famille Bongo de conserver le pouvoir, la succession du président défunt s’annonce difficile. Et la lutte entre les prétendants peut tourner à l’affrontement violent. Le nom le plus cité est celui d’Ali Ben Bongo, 50 ans, que son père avait nommé ministre de la Défense en 1999 pour éviter tout coup d’Etat. C’est Ali qui, hier, a décidé de la fermeture des frontières terrestres aériennes et maritimes et a mis en place un imposant dispositif de sécurité. « Mesure classique en cas d’événement positif ou négatif », tempère-t-on du côté de la présidence. Il n’empêche ! Ali Ben Bongo, que beaucoup de Gabonais considèrent comme un « étranger », car la rumeur court qu’il aurait été adopté, n’est guère apprécié de certains caciques du Parti démocratique gabonais, même s’il a fait son chemin dans l’appareil. Idriss Ngari, 60 ans, baron du régime, se verrait bien calife à la place du calife ! Autre concurrent possible, au sein du clan, Paul Toungui, chef de la diplomatie mais surtout époux de Pascaline Bongo, directrice de cabinet de son père et gérante des florissantes, et pas toujours très nettes, affaires familiales.

Une période de deuil de trente jours a été instaurée, en signe de tristesse. Une « tristesse et une émotion » partagées par Nicolas Sarkozy. Très proche de Bongo, Jacques Chirac a lui aussi rendu hommage à son vieil ami africain.

 

Le Parisien

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