Le chef du gouvernement gabonais affirme lui avoir rendu visite "dans la matinée" avec plusieurs ministres gabonais et le chef de l'Assemblée nationale de ce pays. Il a également indiqué que son gouvernement allait protester officiellement auprès de la France contre les "dérives répétées de la presse française" sur l'état de santé du président Omar Bongo Ondimba.
Une source diplomatique espagnole, citée par l'AFP, a confirmé dans la matinée ce démenti, affirmant que le président gabonais "n'est pas mort".
Dimanche soir, la France avait démenti "être à l'origine de l'information relative à l'éventuel décès du président Bongo dont elle n'est pas informée", selon la formule employée par un porte-parole du Quai d'Orsay.
Doyen des chefs d'Etat africains, il est à la tête du Gabon depuis plus de 41 ans, un pays havre de stabilité sur un continent habitué aux crises. Petite taille, moustache, lunettes noires, Omar Bongo est un fin tacticien politique, un don qui lui a permis de conserver le pouvoir sous le régime du parti unique comme sous le multipartisme depuis 1990. Considéré comme un "sage" en Afrique, il a souvent servi de médiateur ou d'intermédiaire dans de nombreuses crises et notamment en Centrafrique, au Tchad ou au Congo.
Omar Bongo est aussi un des symboles de la "Françafrique", cette relation complexe entretenue entre Paris et ses anciennes colonies d'Afrique, où se mêlent raison d'Etat, lobbies et réseaux politico-affairistes. Toutefois ses relations avec la France s'étaient tendues récemment. La justice, les médias et des ONG s'intéressaient de près à son patrimoine immobilier alors que ses comptes bancaires avaient été saisis dans le cadre d'une affaire privée l'opposant à un particulier français sur un différend de plus de 400.000 euros.