Overblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Publicité

Premiers affrontements dans une drôle de guerre au Tchad

APA - N’Djamena (Tchad) Une guerre pour le moins atypique se déroule au Tchad depuis l’offensive militaire lancée, lundi dernier, par les rebelles de l’Union des forces de la résistance (UFR), dirigés par Timan Erdimi, un neveu du président tchadien Idriss Deby, qui ne cache plus son intention de déloger son oncle du pouvoir.

Les observateurs dans la capitale tchadienne estiment cependant qu’un bouleversement à la tête du pays ne peut se produire sans combats, eu égard à la logique de guerre qui est celle de la rébellion dont l’intention clairement affichée est de s’emparer du pouvoir à N’Djamena par les armes.

Mais depuis leur entrée dans le territoire tchadien, aucun combat d’envergure n’a encore opposé les rebelles aux forces loyalistes et aucune victime n’a encore été déplorée dans l’un et l’autre camp.

L’escalade est toujours attendue sur le terrain militaire et aucun observateur n’est en mesure de prévoir jusqu’où va durer ce statu quo, alors que dans un tout autre cas de figure les combats battraient déjà leur plein.

L’actuelle offensive rebelle est totalement différente de celle de février 2008 qui non seulement fut spectaculaire mais également expéditive et violente. En moins d’une semaine, les rebelles tchadiens, partis de leurs bases au Soudan, avaient traversé d’est en ouest, un territoire tchadien de 1.284.000 km2.

Le 2 février 2008, ils s’étaient retrouvés aux portes de N’Djamena, manquant de justesse de renverser le président Idriss Déby qui avait organisé sa riposte, replié dans son palais.

Mais divisés et à court de munitions, les rebelles ont été repoussés le lendemain par l’armée tchadienne, avec notamment à l’aide de la France, l’ancienne puissance coloniale, qui a déployé au Tchad, depuis 1986, un effectif de 1.150 soldats, dans le cadre du dispositif Epervier qui apporte un soutien logistique et renseigne l’armée tchadienne sur les mouvements de la rébellion.

Depuis leur échec de février 2008, les principales factions rebelles du Tchad se sont regroupées au sein de l’Union des forces de la résistance (UFR), dirigée par Timan Erdimi, neveu du président Deby.

La rébellion a achevé sa restructuration avec la nomination comme chef d’Etat-major général du Général Taher Wodji, un fin stratège militaire, qui était d’ailleurs à la tête des premières colonnes rebelles qui ont défoncé les lignes de défense des forces loyalistes, en février 2008.

Mais le président Déby aussi a tiré les leçons de l’offensive rebelle qui a failli emporter son pouvoir en février 2008. Il a nommé un nouveau chef d’Etat-major général des armées, le Général Hassane Saleh Al Gadam Al Jinedi, un arabe originaire de la région d’Arada, dans l’est du Tchad, en remplacement du Général Abderahim Bahar Itno, son autre neveu.

Cette nomination n’est pas fortuite. Ancien leader rebelle rallié au régime il y a moins de deux ans, le général Saleh Al Gadam Al Jinedi est capable d’apporter une réplique magistrale aux rebelles dont il connaît les stratégies pour avoir été un des leurs.

Formé à l’académie militaire de Tripoli, il a gardé de bonnes relations en Jamahiriya libyenne, un pays dont le soutien financier et matériel peut être déterminant en des moments aussi cruciaux.

Sur le plan matériel, le président Déby a équipé l’armée tchadienne de plusieurs chars de combats dont, des blindés israéliens, ainsi que d’une bonne dizaine d’avions et d’hélicoptères.

C’est cette force aérienne qui a bombardé les colonnes rebelles mercredi dans l’est du pays, sans pour autant stopper l’avancée des rebelles qui, depuis qu’ils ont pénétré dans le territoire tchadien, semblent évoluer en roue libre, ne rencontrant aucun obstacle sur le terrain.

Le ministre tchadien de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Ahmat Mahamat Bachir, a semblé, mercredi, justifié l’absence jusqu’à présent de combats au sol, par la propension des rebelles à s’infiltrer et à contourner les points névralgiques gardés par les forces de défense et de sécurité tchadiennes.

C’est grâce à cette stratégie qu’ils ont réussi à atteindre la sous-préfecture de Kerfi, à environ 45 km au sud de Goz Beïda, dans la région de Sila, dans l’est du pays, selon le ministre de l’intérieur.

Les rebelles tchadiens ont fait savoir jeudi qu’ils poursuivaient leur progression en direction de leur objectif final qui est N’Djamena. Et ce n’est pas le seul combat au sol les ayant opposés à l’armée gouvernementale, mardi dernier, vers Haraz Mangueigne, au sud de Goz Beïda, qui du reste n’a pas fait de victime, qui pourrait les décourager dans cette aventure épique.
 
 
LMM/lmm APA 
07-05-2009

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article