"Nos forces progressent (...). Jusqu'ici, tout marche bien, selon nos stratégies", a affirmé un responsable de l'Union des forces de la résistance (UFR, alliance des rebelles tchadiens) dans un message électronique à l'AFP à Libreville.
"La seule fois où il y a eu combat a sol, c'était (mardi) vers Haraz Mangueigne", au sud de Goz Beïda, sans déplorer de mort, a-t-il ajouté.
Le ministre tchadien de l'Intérieur et de la Sécurité publique, Ahmat Mahamat Bachir, a assuré mercredi que l'aviation tchadienne avait bombardé les rebelles et qu'il n'y avait pas eu de combat au sol. "Toutes les dispositions sont prises pour qu'ils n'avancent pas dans un sens ou dans un autre", avait-il ajouté.
Aucune des parties n'a fourni de bilan sur d'éventuelles pertes humaines depuis le lancement de l'offensive rebelle le 4 mai.
La situation sur le terrain inquiète vivement les agences humanitaires, qui craignent que des combats éclatent, les conduisant à réduire leurs activités dans les lieux accueillant une partie des quelque 450.000 réfugiés soudanais, centrafricains et déplacés qu'elles assistent dans l'est du Tchad.
Le Programme alimentaire mondial (PAM) a ainsi interrompu les distributions de nourriture à Goz Amir, et le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) a fortement réduit son personnel à Koukou Angarana. Ces localités sont proches Goz Beïda.
L'UFR, qui réunit neuf mouvements rebelles avec pour objectif déclaré de renverser la "dictature" du président tchadien Idriss Deby Itno, avait annoncé mercredi un bref accrochage la veille avec l'armée entre la localité de Tissi et Haraz Mangueigne (est).
Elle affirmait aussi avoir "mis en déroute" les militaires, promettant de tout faire pour arriver à N'Djamena, son "objectif final", où les rebelles étaient arrivés en février 2008, manquant de peu de renverser le régime du président Deby.
N'Djamena avait également annoncé la présence de rebelles en Centrafrique voisine, affirmation aussitôt démentie par un militaire centrafricain. Bangui s'est refusé à tout commentaire jusqu'à présent.
Par ailleurs, des sources diplomatiques ont indiqué mercredi soir que des rebelles étaient entrés à Am-Timan (180 km au sud de Goz Beïda) sans rencontrer de résistance ainsi qu'à Am-Dam (110 km au nord de Goz Beïda).
Ces affirmations n'ont pas été commentées jusqu'à présent par les autorités tchadiennes.
La communauté internationale fait part de sa préoccupation, alors que le chef de la diplomatie tchadienne Moussa Faki Mahamat a appelé l'ONU et l'Union africaine (UA) à condamner un "acte d'agression manifeste, de grande envergure" qu'il a attribué au Soudan.
L'UA et la France ont invité N'Djamena et Khartoum - qui s'accusent de déstabilisation mutuelle par groupes armés interposés - à respecter les accords signés mais demeurés jusqu'à présent lettre morte.
L'ONU a convié "toutes les parties à respecter le caractère humanitaire des opérations de l'ONU et des ONG dans l'est du Tchad et à s'abstenir de déployer des forces dans des zones où des opérations humanitaires sont sous la protection de la Minurcat", sa mission déployée au Tchad et en Centrafrique.
L'express