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BEAC : Malabo réclame de meilleurs postes

La perte de 16,4 milliards de francs CFA par la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC) suite à des placements à risques décidés par le gouverneur Philibert Andzembé a mis en lumière les conflits internes qui ébranlent la stabilité de l’institution bancaire sous-régionale. La répartition des postes directeurs entre les pays membres ayant précédé la découverte par la Guinée Equatoriale de ses importantes réserves pétrolières, Malabo, aujourd’hui contributeur majoritaire de la banque, réclamerait une meilleure représentation à la tête de l’institution financière.
 
 
 Le President de Guinee Equatorial Obiang Ngoma
 
Alors que la Banque des Etats d’Afrique centrale (BEAC) s’apprête à annoncer des profits historiques pour l’exercice 2008, à l’heure où les grandes institutions bancaires et financières courbent l’échine face à la crise, des dissensions internes ont été remises au goût du jour par la récente perte de 16,4 milliards de francs CFA suite à des placements à risques.

La BEAC a en effet engrangé plus de 250 milliards de francs CFA de bénéfices dans des placements qui, déduction faite de toutes les charges, dépasseront encore les 100 milliards de francs CFA, alimentés par les revenus pétroliers de la Guinée Equatoriale, du Gabon, du Congo, du Tchad et de ce qu’il reste d’or noir au Cameroun.

Mais pour la première fois depuis sa création, la BEAC fait face à une perte de 16,4 milliards de francs CFA, résultat malheureux d’un placement de 328 milliards de francs CFA réalisé auprès de la Société générale à la fin de l’exercice 2007.

Alors que l’article 11 des statuts de la BEAC lui interdit d’investir dans des actions, le placement de la Société générale comprenait 80 % d’obligations en bons du Trésor mais aussi 20 % d’actions, dont ces fameux produits dérivés, ces mélanges de titres explosifs qui ont fait sauter le système financier mondial.

En mars 2008, la banque décide de se débarrasser de cette bombe à retardement, malgré les lourdes pénalités, et quand elle y consent le 28 décembre 2008, la crise financière a déjà frappé, carbonisant 5 % du placement.

C’est cette affaire qui ébranlera la plus haute personnalité de la banque, le gouverneur Philibert Andzembé, un gabonais en poste depuis juillet 2007, accusé d’avoir autorisé seul ce placement hasardeux.

«On a voulu récupérer la situation pour déstabiliser le gouverneur et, à travers lui, l’institution. (…) La BEAC est une communauté de six États qui arrivent avec leur culture, leur niveau de développement, leur besoin et leur contradiction», révèlent des sources internes.

L’affaire a été révélée le 30 janvier dernier à Libreville, lors de la conférence extraordinaire des chefs d’État de la CEMAC, où les dirigeants gabonais et camerounais avaient alors pris des dispositions pour sauver la face et maintenir le gouverneur de la banque, avec interdiction de placements à risques en alibi.

En coulisses, la Guinée Equatoriale est accusée d’avoir saisi l’occasion pour déstabiliser le gouverneur et remettre en selle son projet de gouvernorat tournant de la BEAC. Nouvelle puissance pétrolière, le pays se sentirait injustement sous-représenté alors qu’il apporte aujourd’hui près de 30 % des réserves de change de la banque, contre 25 % environ chacun pour le Congo et le Gabon et autour de 10 % pour le Tchad et le Cameroun.

Or en 1973, le siège de la BEAC est tacitement attribué au Cameroun, le gouvernorat à un gabonais, secondé par un congolais, alors que le poste de secrétaire général revient à un tchadien.

En 2007, Malabo s’était vu confier le pilotage de la réforme des institutions de la CEMAC, mais à ce jour, elle n’a pu obtenir que le départ de l’ancien gouverneur gabonais Jean-Félix Mamalepot et la création de trois postes de directeurs généraux pour un Centrafricain, un Camerounais et un Equato-guinéen. Un comité de politique monétaire avait par ailleurs été institué.

Suite à la perte des 16,4 milliards de francs CFA, la Guinée Equatoriale aurait demandé au Gabon de rembourser la BEAC, mais «cela a peu de chances d’aboutir, les bénéfices dégagés par la Banque centrale sont mis dans un pot commun et répartis en fonction du poids de chacun. Et quand la Guinée Equatoriale n’avait pas de pétrole, elle en bénéficiait aussi. Elle doit se souvenir que ce sont les autres pays qui ont payé son ticket d’entrée à la BEAC», a confié une source interne.


«Nous voulons surtout savoir s’il n’y a pas eu d’autres prêts de ce type», a expliqué le porte-parole du gouvernement équato-guinéen, Jeronimo Osa Osa Ekoro, concluant en déclarant que «nous défendons le principe d’une rotation des postes, une redistribution des responsabilités et une meilleure répartition des capitaux».

http://www.gaboneco.com/show_article.php?IDActu=13298

Publié le 25-04-2009    Source : Jeune Afrique      Auteur : Gaboneco   
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O
La guinnée étant un pays de la sous-région il est tout a fait légitime qu'elle revendique ses postes et autres surtout<br /> quand on sait le GABON a toujours eu la part belle sans jamais emmener la sous région a une meilleur vision economique de celle-ci . Dans tous les cas le gabon n'est pas un exemples de gestion. alors...
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