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Tchad: la poudrière de l'Est

Nairobi/Bruxelles, 15 avril 2009 : Le conflit dans l’Est du Tchad est une poudrière qui risque de déstabiliser davantage le pays si le gouvernement et la communauté internationale ne parviennent pas à l’enrayer.

Tchad : la poudrière de l’Est,* le dernier rapport de l’International Crisis Group, souligne que le conflit dans l’Est du pays est exacerbé par des manipulations politiques nationales et régionales. Le président Idriss Déby a divisé pour mieux régner, montant les groupes ethniques les uns contre les autres afin de contrer les mouvements d’opposition armés.

« La population a déjà énormément souffert des conflits internes, de la crise du Darfour et de la guerre froide tchado-soudanaise », explique Daniela Kroslak, Directrice adjointe du Programme Afrique de Crisis Group. « Les bouleversements démographiques dus à l’afflux de réfugiés soudanais et à des déplacements internes à grande échelle ont aggravé la lutte pour l’accès aux ressources. »

Depuis plus de cinq ans, le régime d’Idriss Déby instrumentalise la crise à l’Est pour se maintenir au pouvoir. Déby est parvenu à la fois à diviser ses opposants au niveau local et à verrouiller l’espace politique de ses adversaires sur le plan national. Le Soudan a aggravé l’instabilité en soutenant pratiquement tous les groupes rebelles.

La communauté internationale a déployé depuis février 2008 un tandem de missions de maintien de la paix pour diminuer les effets d’une contagion du conflit soudanais dans l’Est du Tchad : une force européenne (EUFOR) et la Mission des Nations unies pour la République centrafricaine et le Tchad (MINURCAT). Pourtant, aucune des deux n’a pu véritablement améliorer la situation sécuritaire.

Pour mettre un terme au conflit, le Tchad et le Soudan doivent favoriser une normalisation rapide de leurs relations bilatérales et relancer la mise en place de l’accord de Dakar. Le président Déby doit également ouvrir de nouvelles négociations avec les groupes rebelles afin d’aboutir à un cessez-le-feu durable.

Le gouvernement devrait impérativement aider la MINURCAT à organiser une conférence de paix sur le conflit dans l’Est du pays qui devrait inclure des représentants du gouvernement central, des groupes rebelles, des chefs coutumiers et des partis politiques de l’opposition. La communauté internationale, en particulier la France et le Conseil de sécurité des Nations unies, devrait soutenir l’initiative diplomatiquement et financièrement.

« L’Est du Tchad demeurera une poudrière propice à la rébellion et ouverte à des déstabilisations extérieures tant que les problèmes de fond resteront latents et qu’une réflexion approfondie ne sera pas menée autour des sources locales des tensions », avertit James Yellin, Directeur du Projet Afrique centrale de Crisis Group.


Contacts: Andrew Stroehlein (Bruxelles) +32 (0) 2 541 1635
Kimberly Abbott (Washington) +1 202 785 1601
Veuillez contacter le département média de Crisis Group en cliquant ici
*Le rapport est accessible en français sur notre site web: http://www.crisisgroup.org

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