Si l’Arche de Zoé n’est pas rejugée, ils tuent 2 otages
En 2007, six membres d’une ONG française, avaient été lourdement condamnés au Tchad pour avoir tenté d’amener en France 103 enfants, qu’ils considéraient comme orphelins. En décembre de la même année, ils avaient été pourtant transférés dans une prison française puis libérés après 3 mois de prison et ce suite à une grâce du président tchadien.
Ce dimanche, un groupe armé qui se présente comme les “Aigles de la libération de l’Afrique” et qui détient deux travailleuses humanitaires au Darfour depuis le 4 avril, une Française et une Canadienne, a menacé de les tuer, “si Paris n’acceptait pas d’organiser un nouveau procès pour les membres de l’Arche de Zoé”.
“Nous demandons à la France de rouvrir le dossier des criminels de l’Arche de Zoé et de les juger devant un tribunal juste. Si le gouvernement français n’est pas sérieux dans les négociations avec nous et n’accède pas à notre requête, nous tuerons les deux travailleuses humanitaires.” ont-ils déclaré.
Nous avons reçu d’Eric BRETEAU le commentaire ci-dessous :
Commentaire par Eric BRETEAU le 13 avril 2009 @ 9:05 | Editer
” En tout premier lieu, si un procès de L’Arche de Zoé peut sauver des vies, quelles qu’elles soient, j’y suis tout à fait prêt, bien évidemment. Après toutes les humiliations et les infamies que nous avons déjà eues à subir au Tchad et en France on n’est plus à ça près.
Par ailleurs, que des preneurs d’otages au Darfour s’en prennent si violement à des ONG et cite L’Arche de Zoé démontre que le drame qui se déroule au Darfour depuis plus de 5 ans, et que nous avions voulu dénoncer par notre opération d’évacuation d’orphelins, est bel et bien réel et a largement atteint les limites de l’acceptable.
Le président soudanais est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la CPI mais continue à palabrer dans les pays voisins du Soudan, c’est un camouflet de plus pour l’ONU et les institutions internationales qui ont été incapable d’arrêter ce drame et de mettre les bourreaux hors d’état de nuire.
Cette nouvelle crise diplomatique n’est qu’une conséquence, parmi d’autres, du délire du président Tchadien et du Ministères Français des Affaires Etrangères qui nous avaient accusé à l’époque d’avoir voulu enlever des enfants tchadiens pour mieux masquer notre action en faveur des populations martyr du Darfour. L’histoire du Darfour, et des 103 enfants de L’Arche de Zoé devait forcément les rattraper tôt où tard.
Je vous rappelle qu’à ce jour, un an et demi après notre arrestation, malgré les investigations judiciaires tchadiennes et françaises, et malgré les affirmations à l’époque de l’Unicef et de Rama Yade, il n’existe toujours pas la moindre preuve de la prétendue nationalité tchadienne de ces enfants, et que les seules pièces versées au dossier judiciaire sont des justificatifs d’identité soudanaise.
J’espère qu’un vrai procès en France, si il est possible, pourra permettre de faire toute la lumière sur cette affaire, car de notre coté nos intentions étaient claires, légitimes et légales. On ne peut pas forcément en dire autant de la diplomatie.
Les preneurs d’otages expriment dans leur communiqué leur colère contre Nicolas Sarkozy et Idriss Déby, ce qui montre que le rôle de la France dans le drame qui se déroule au Darfour est loin d’être anodin. “
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