Il y a des bruits de bottes coté soudanais, des concentrations de rebelles tchadiens sont signalés, qui disposent de matériels neufs : un millier de véhicules, selon plusieurs sources.
De l’autre côté de la frontière, l’armée tchadienne a concentré des troupes pour faire face a une éventuelle attaque : « Nous avons pris toutes les dispositions pour défendre notre pays », a déclaré le chef de la diplomatie tchadienne.
L’expulsion de plusieurs ONG du Soudan, à la suite du mandat d’arrêt contre le président el-Bechir, inquiète les humanitaires. Côté tchadien, un nouvel afflux de réfugiés soudanais au Tchad n’est pas exclu. Les agences des Nations unies, et notamment le HCR, s’y préparent ; et c’est dans ce contexte tendu que la force européenne Eufor va céder la place aux Casques bleus.
La France, première contributrice en nombre d'hommes, représentée par Bernard Kouchner à la cérémonie
La cérémonie se déroulera ce dimanche 15 mars à Abéché, en présence de Bernard Kouchner qui va la présider. Le ministre français des Affaires étrangères réfute les critiques de certaines ONG sur le bilan de l’Eufor : « La sécurité est revenue dans les camps, les populations s’en trouvent bien, et de nombreux déplacés vont retrouver, dans des endroits réputés dangereux, une vie normale... C’est le résultat de ce que nous avons fait pour protéger et sécuriser les populations, pas la frontière et pas la situation politique.»
Les autorités tchadiennes réticente au début ont finalement accepté le déploiement de l’Eufor et sa transformation en force onusienne. Pour Moussa Faki, le chef de la diplomatie, « il ne s’agit pas de défendre les frontières tchadiennes, il s’agit de protéger les réfugiés, les déplacés, et les humanitaires. Pour ce qui est de la protection de notre territoire nous nous en chargeons et nous le faisons bien ».
Sur les 3 300 soldats européens, 2 300 resteront sur place, mais sous mandat des Nations unies, avants d’être remplacés, dans les semaines à venir, par des Népalais, des Ghanéens et des Togolais.
RFI