GENÈVE - L'expulsion d'une dizaine d'ONG du Soudan ne conduira "pas nécessairement" à des pénuries de nourriture dans les camps de déplacés du pays, a assuré jeudi à Genève le vice-ministre soudanais de la Justice Adel Daeim Zumrawi.
Le départ des ONG "ne va pas nécessairement conduire à des pénuries de nourriture dans les camps", a expliqué lors d'une conférence de presse le responsable soudanais, en ajoutant que beaucoup de produits alimentaires étaient désormais "produits localement".
"Le gouvernement fait en sorte que ceux qui vivent dans les camps reçoivent les approvisionnements nécessaires", a-t-il ajouté.
Les autorités de Khartoum ont décidé mercredi d'expulser une dizaine d'ONG actives dans le pays, dont Médecins sans frontières et Action contre la faim (ACF) après le lancement d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) contre le président soudanais Omar el-Béchir.
Jeudi, un haut responsable soudanais a prévenu que d'autres ONG pourraient être également renvoyées du pays. Khartoum les accuse d'avoir collaboré avec la CPI.
Certaines organisations "ne sont pas venues pour des raisons humanitaires", a accusé le vice-ministre de la Justice.
L'ambassadeur soudanais auprès de l'ONU John Ukec Lueth Ukec a de son côté fait état de "mensonges disséminés" parmi la population par ces ONG ainsi que de "rapports fabriqués contenant des mensonges". "Nous ne pouvons tolérer des organisations qui violent nos lois", a-t-il insisté sans autre détail.
Les deux responsables ont juste indiqué que parmi ces organisations non gouvernementales figuraient MSF et l'ONG norvégienne NRC (Conseil national pour les Réfugiés).
MSF a estimé pour sa part que les conséquences de ce retrait allaient "être terribles pour les 400.000 personnes, dont de nombreux réfugiés" pour lesquels MSF France et Pays-Bas constituaient "la seule offre de soins".
De même Action contre la Faim s'est inquiétée du sort de "450.000 personnes" qui seront, en cas de départ, "immédiatement privées d'une assistance d'urgence et livrées à elles-mêmes pour boire et se nourrir", a dit son président.
Selon l'ONU, le Darfour compte 2,7 millions de personnes déplacées vivant pour la majorité dans des camps. L'ONU chiffre à plusieurs millions la totalité des déplacés et réfugiés provoqués par les conflits et l'insécurité alimentaire.
(©AFP / 05 mars 2009 13h52)