"Bien évidemment, il y a des profiteurs de toutes sortes, mais il y a surtout des perdants et le premier perdant c'est l'Etat qui a un manque à gagner de l'ordre de 32 milliards de Fcfa de recettes de toutes sortes (douanes, taxes sur les produits pétroliers", déclare-t-il.
Pour M. Sindeu, Les raisons du phénomène de plus en plus grandissant s'expliquent surtout par le prix très élevé du carburant dans les zones reculées du pays, notamment la partie septentrionale du Cameroun lequel, est influencé en retour, par les cours mondiaux.
Il ajoute par ailleurs, que son pays est entouré des pays producteurs de pétroles (Gabon, Tchad, Guinée équatoriale, Congo) et qu'il est normal de penser que les fraudeurs se ravitaillent dans ses pays.
Un litre de carburant qui revient à la pompe à 569 FCFA, coûte au marché noir 375 FCFA voire moins. Cela est aussi vrai pour le gasoil que pour le pétrole lampant.
Pour réduire l'ampleur de cette vente illicite, le Comité de suivi du projet de sensibilisation des populations sur les dangers li és à la manipulation frauduleuse des hydrocarbures lancera, dans les prochains jours, une campagne contre la détention frauduleuse des produits pétroliers.
La prochaine étape, d'après le ministre de l'Energie, consistera a sécuriser davantage les frontières mais surtout "de disséminer les stations de carburant partout, augmenter les dépôts, rendre disponible à prix abordable les produits dans les zone reculées", avant de frapper les contrevenants.
Le ministre suggère même la subvention des produits pétroliers dans le pays.
La production pétrolière des 38 champs du Cameroun est évaluée depuis 2005, à plus de 82.000 barils/jour. Mais, la Société nationale de raffinage (Sonara) ne raffine que les 6% du brut produit par le Cameroun tandis que le brut importé (au Nigeria surtout) couvre les 94% restants de la matière première ensuite raffinée.
La modernisation des installations de la Sonara est parmi les actions prioritaires du ministère de l'Energie et de l'Eau en 2009.