| Les principaux mouvements rebelles du Tchad ont annoncé la création d'une formation unitaire, l’Union des forces de résistances (UFR), pour initier une nouvelle tentative de renversement du pouvoir en place, près d’un an après l'attaque de février dernier aux portes de N’djaména. Les huit principales factions rebelles se sont réunies au sein de l’UFR, dont l’alliance a été scellée le 18 janvier dernier dans la localité de Hadjer Marfaine, à la frontière tchado-soudanaise. «C’est historique. C’est la première fois qu’on ait autant de mouvements rassemblés dans la même structure», a souligné le porte-parole du mouvement, le général Mahamat Nouri de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD), qui avait conduit l’offensive de l’année dernière sous la bannière de la défunte Alliance nationale (AN). Hissène Ahamat El Hadj, de l’Union des forces pour le changement et la démocratie (UFCD), a expliqué qu’un «terrain commun pour s’unir contre le régime» avait été trouvé entre les différents groupes rebelles. «Nous sommes très contents. L’UFR va nous permettre de mieux lutter contre le régime», a déclaré Timan Erdimi, chef du Rassemblement des forces pour le changement (RFC). Le chef du RFC s’était fortement opposé au général Nouri lors de la tentative de coup d’Etat de février 2008. Cette guerre de leadership étant attribuée à des considérations ethniques, Erdimi étant d’origine Zaghawa et Nouri issu de l’ethnie Gorane. «Nous sommes capables de nous entendre pour défendre l’intérêt général au-delà de nos querelles de personnes ou d’intérêts égoïstes», a assuré Timan Erdimi, expliquant que les dissenssions passées étaient dues à l’«absence de consensus». La consécration de l’UFR est le fruit de 5 mois de négociations et vient couronner un accord entre les différentes factions portant sur un programme politique exigeant la fin du régime du président Deby. Le document prévoit notamment une période maximum de 18 mois de transition, qui aboutirait à la tenue d’élections libres. Les rebelles promettent également de garantir le pluralisme politique, l’indépendance de la justice et la liberté de la presse. Outre l’UFDD, l’UFCD et le RFC, l’UFR compte dans ses rangs le Front pour le salut de la République (FSR) de Ahmat Hassaballah Soubiane, l’Union des Forces pour la démocratie et le développement-Fondamentale (UFDD-F) d’Abdelwahid Aboud Makkaye, le Conseil démocratique (CDR) d’Albadour Acyl Ahmat Achabach et le Front populaire pour la renaissance nationale (FPRN) d’Adoum Yacoub Koukou. Après les offensives de février 2008 qui avaient failli aboutir, le président tchadien se serait doté «de manière intelligente» de moyens militaires «aériens et terrestres», et aurait réorganisé l’ensemble de sa défense selon les sources militaires européennes qui avaient été déployées dans la région pour contrer les attaques rebelles. Au pouvoir depuis 1990 grâce à un coup d'état, Deby a été confirmé pour la seconde fois à la présidence aux élections de 2006. L'opposition armée a établi ses bases dans les régions orientales du Tchad et du Soudan. | ||
| Publié le 22-01-2009 Source : afrik.com Auteur : Gaboneco |