e président Nicolas Sarkozy a affirmé vendredi que l'Europe ne "pouvait pas être un nain" militaire et qu'elle devait "garder" dans ce domaine "sa liberté d'action" tout en coopérant avec l'Otan et en entretenant son amitié avec les Etats-Unis.
"L'Europe ne peut pas être un nain en matière de défense et un géant en matière économique, ce n'est pas possible", a déclaré M. Sarkozy, qualifiant d'"extrêmement importantes" les conclusions en matière de politique européenne de défense du sommet de l'UE qu'il venait de présider.
Les dirigeants des 27 ont exprimé leur "volonté" de donner "un nouvel élan" à l'Europe de la défense en renforçant ses moyens d'intervention, ce qui était l'une des priorités de la présidence française de l'UE qui s'achève.
L'Union européenne le fera "en pleine complémentarité avec l'Otan" mais "dans le respect de leur autonomie de décision respective", ont-ils ajouté.
"Quand on a parlé de défense européenne, ça ne m'a pas gêné de parler de coopération avec l'Otan mais en gardant pour l'Europe sa liberté d'action", a-t-il dit au sujet de ses entretiens avec ses homologues.
"L'Europe doit avoir sa politique de défense à elle, mais avec ses alliés", a-t-il ajouté, soulignant : "j'ai en tête le sommet de l'Otan à Strasbourg" prévu en avril.
M. Sarkozy n'a cependant pas confirmé s'il jugeait le bilan de la présidence française suffisant pour annoncer à Strasbourg le retour complet de la France dans la structure militaire de l'Otan, qu'il a préconisé ces derniers mois en parallèle à un renforcement de la politique européenne de défense.
Paris a quitté le commandement intégré de l'Otan en 1966 et y est partiellement rentré dans les années 1990.
"C'est un succès de voir maintenant que personne ne voit la politique européenne de défense comme une politique agressive à l'égard des Etats-Unis", a observé M. Sarkozy, rappelant qu'au sommet de l'Otan d'avril 2008 à Bucarest, le président américain George W. Bush avait admis le bien-fondé d'une identité militaire européenne.
Les Européens "comprennent" qu'ils ne sont pas obligés de faire un choix entre "l'amitié avec les Etats-Unis" et "la politique de défense indépendante de l'Europe". "On doit faire les deux", a-t-il résumé.
"C'est un progrès monumental", a insisté le président français, assurant que "nos amis anglais sont prêts à avancer".
Londres est resté longtemps rétif à tout progrès de l'Europe de la défense susceptible de faire double emploi avec l'Otan ou d'en menacer l'existence. Elle bloque toujours la création d'un vrai quartier général militaire européen basé à Bruxelles, que la France appelle de ses voeux.
Cependant, pour la première fois un officier britannique a pris le commandement d'une opération militaire de l'UE, en l'occurrence la force navale Atalanta envoyée cette semaine pour lutter contre la piraterie au large de la Somalie
Les Polonais "prendront toute leur part", a encore ajouté M. Sarkozy.
Varsovie, bien connu aussi pour son atlantisme, a néanmoins montré cette année à plusieurs reprises son intérêt pour l'Europe de la défense, tant en envoyant des troupes sur le terrain sous commandement UE comme au Tchad qu'en matière de recherche militaire dans le cadre de l'Agence européenne de défense (AED).
Lemonde