L'Afrique australe serait prête à s'impliquer dans le règlement de la crise. Au risque de compliquer une donne déjà explosive.
En effet, les pays de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) sont prêts à envoyer, « si nécessaire [...] des troupes de maintien de la paix » dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Une équipe de leurs experts va prochainement « évaluer la situation ».
Un déploiement hypothétique
De son côté, le gouvernement congolais n'a pas exclu l'engagement ultérieur de troupes angolaises, alors que les spéculations vont bon train sur la présence de soldats lusophones sur la ligne de front, au nord de Goma. Luanda, pourtant conforté par le coup de fil passé, le 31 octobre, par un Nicolas Sarkozy désormais convaincu que l'Union européenne ne va pas s'engager militairement, n'a toujours pas dévoilé ses intentions.
« S'ils viennent et combattent aux côtés de l'armée régulière, a prévenu le chef rebelle, Laurent Nkunda, ils partageront la même honte que le gouvernement de RDC [...]. Je suis prêt à les affronter. »
Le déploiement d'un contingent reste, pour l'instant, très hypothétique aux yeux des experts militaires. Pourtant, ce serait la seconde fois que l'Afrique australe s'impliquerait au Congo. De 1998 à 2003, l'ex-Zaïre avait été dévasté par une guerre régionale : Rwanda, Ouganda et Burundi avaient alors affronté, directement ou par mouvements rebelles interposés, une coalition pro-Kinshasa soutenue par l'Angola, le Zimbabwe, la Namibie et le Tchad. La signature de l'accord de paix de Pretoria, en décembre 2002, et le déploiement de la plus importante mission de l'Onu dans le monde avaient permis de mettre un terme à cette « guerre mondiale africaine », sans pour autant régler la crise congolaise.
« Le problème est de savoir si les experts militaires de la SADC, qui vont se rendre dans la zone de conflits, et peut-être les futures troupes, interviendront sous mandat de l'Onu », relève une source diplomatique occidentale à Kinshasa. « Si ces forces sont engagées de manière totalement indépendante de la Mission des Nations unies en RDC, alors c'est beaucoup plus dangereux, et on peut s'attendre à une réaction vigoureuse du Rwanda. »
Philippe CHAPLEAU.
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