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Gen Tahir Guinassou:
Secretaire a la Defense de l'UFDD
  Vendredi 16.01.09 Tchad : Un commandant proche de la famille dictatoriale d’un secteur de 100 Toyota avec un effectif de 1500 éléments installé récemment sur l’axe Massaguet-N’goura sur ordre de Deby est en contact permanant avec les éléments de RFC. Veulent-ils rejoindre le RFC? Affaire à suivre… <> Malgré l’état dans lequel il était, Hinda la première dame a voulu et insisté que son mari donne une interview sur les ondes de RFI démentant les spéculations sur la santé de ce dernier mais le despote n’était pas en mesure de réaliser son intervention sur les antennes de la radio. Bye bye Deby. <> Jeudi 15.01.09 Tchad: L’occasion est en or pour le General le jeune Abderahim Bahar de renverser et remplacer son oncle le malade Idriss Deby a la mode Guinéenne et négocier avec la rébellion. Nous vous assurons le soutient de tous les jeunes et les tchadiennes et tchadiens vous seront reconnaissants. <> Le dictateur Idriss Deby semble avoir un malaise. Priez s’il vous plait pour qu’il ne se recouvre plus. Ameen. <> Avec la pénurie du fagot de bois et du charbon, plusieurs restaurants ferment leurs portes dont le reste utilisent le gaz pour la cuisine tout en élevant le prix de leurs plats. <> Mercredi 14.01.09 Tchad : Très cher(e) Ab. Votre question sur les identités des infiltrés est très pertinente et nous respectons votre curiosité. Nous craignons que la réponse à votre question compromettra la sécurité de nos envoyés et leurs informateurs car donner des précisions sur des informations très sensibles exposera les origines des ces renseignements. Tout ce qu’on puisse dire, cette personne est un officier supérieur dans l’Armée de Deby. Nous nous excusons de ne pas pouvoir vous satisfaire et nous vous remercions pour votre compréhension. <> Mardi 13.01.09 Tchad :La situation sécuritaire dans l'est est imprévisible avec des incidents isolés. Renforcement de la sécurité dans la zone de Dogdoré où des gendarmes supplémentaires ont été déployés ; des attaques de bandits (appartenant a la milice de Deby) ont forcé des ONG à se retirer laissant près de 30 000 déplacés sans aide. Epidémie de rougeole ; à la semaine 1 de 2009, un total de 345 nouveaux cas et 1 décès a été notifié. L'OMS appuie les activités de réponse. <> Un officier supérieur du rétrograde dictateur Idriss Deby dit qu’ils ont pu infiltrer beaucoup des espions dans la rébellion. Leur nombre dépasse une centaine de personnes. En tant que « rebelles », 21 parmi eux ont pu avoir une formation très avancée des armes sophistiquées et acquirent des informations très confidentielles. Une dizaine de ces infiltrés viennent de retourner á leur maitre en fouillant la rébellion par une voiture et perçant jusqu'à N’Djamena sans arrêt. <> Les cousins du dictateur tchadien Idriss Deby déguisés en coupeurs de route ont fait un massacre de plusieurs passagers tchadiens sur plusieurs voitures dans la région de Bokoro (Province de Chari-Baguirmi) pour les déposséder de leurs biens. <> Le dictateur Erythréen avait donné un « bon » conseil à son homologue le tyran tchadien Idriss Deby lors de sa dernière visite. « Si les civiles se mêlent de la politique, cela veut dire que leur ventre est plein. Comme plus de 99% des tchadiens ne vous aiment pas, il faut les plonger sans remord dans une terrible misère avec une souffrance aigue jusqu'à ce qu’ils arrêteront de parler de la politique » dit-il le retardé mental Erythréen Issayas Afeworrki. <> Le dictateur Deby, le sauvage au cerveau « d’argile » qui veut appliquer à la lettre ce conseil gratuit, est sur le point d’interdire l’importation du riz au Tchad dans les jours à venir dans le but de forcer les tchadiens à oublier de parler ou de se mêler de sa politique de régression et désolation. <> Première fois dans l’histoire du monde, des humains utilisent l’excrément d’ânes pour préparer leur thé. Le coût du sac d’excrément dépasse 4000 F cfa présentement à N’Djamena due à l’interdiction du charbon.
 

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31 janvier 2012 2 31 /01 /janvier /2012 16:45

 

LES DANGERS DU RETOURNEMENT DE L’ECOLOGIE

ET LA DECROISSANCE PAR LES ECOCAPITALISTES ET LES PETROLIERS

 

Introduction

Fin 2010, des émeutes de la faim ont éclaté, comme ce fut le cas en 2008, du fait de l’accroissement rapide des matières premières agricoles notamment. Il y a plusieurs raisons à cela, la spéculation financière, le niveau de vie des pays les plus riches et la raréfaction progressive des ressources non renouvelables. La plupart des métaux indispensables à notre industrie et des énergies non renouvelables (pétrole, uranium) devraient avoir disparu d’ici 2050. S’ajoute à cela le réchauffement climatique, ce qui fait le croisement des questions écologiques, industrielles, financières et alimentaires produit un cocktail explosif. A cela s’ajoute une instrumentalisation des associations écologistes par les producteurs de pétrole, contre leurs concurrents, les industriels du nucléaire et plus généralement contre la consommation des plus pauvres.

 

Le développement des agrocarburants contribue à affamer les plus malnutris.

En 2009, il y avait 6,8 milliards d'habitants sur Terre et déjà 1,02 milliard de personnes en situation de malnutrition, selon un rapport de la FAO, soit 1,5 personne sur 10 sur la terre. Selon Jean Ziegler, « la mortalité due à la sous-alimentation représentait 58 % de la mortalité totale en 2006. Dans le monde, environ 62 millions de personnes, toutes causes de décès confondues, meurent chaque année. En 2006, plus de 36 millions sont mortes de faim ou de maladies dues aux carences en micronutriments ».

En 2011, le problème de la famine actuellement ne relève pas de carences dans la production, puisque l’agriculture produit suffisamment. La première cause de la malnutrition réside en réalité, principalement, dans un manque de solvabilité des plus pauvres, du fait d’une redistribution insuffisante des richesses. En effet,  le BIT estimait, à 23%, la part de la population des pays à bas salaire qui était condamnée à survivre avec 1 dollar par jour. La malnutrition s’explique ensuite par la spéculation sur les matières premières alimentaires, l’utilisation d’agrocarburants et le gaspillage de la nourriture. Selon la FAO et l’institut Suédois SIWI, plus de 50% de la production mondiale de la production mondiale annuelle de nourriture était gaspillée, en 2008. Les problèmes de famines dans le monde pourraient donc déjà être éradiqués, par le seul moyen d’une meilleure gestion de la distribution et de la solvabilité des consommateurs. La première cause de ce gaspillage réside, dans la grande distribution, car ses dirigeants préfèrent jeter à la poubelle la nourriture dont la date de péremption est dépassée, plutôt que de risquer un scandale sanitaire. La restauration collective contribue aussi à ce gaspillage, car une large partie de ce qui est produit n’est pas consommée. Enfin, les individus jettent aussi beaucoup de nourriture. Selon l’ADEME, en un an, chaque Français jette en moyenne 7 kg de produits encore emballés, non entamés.

 Concernant les pratiques de la restauration (notamment collective), France Nature environnement précise que le gaspillage s’explique « par la quantité de nourritures servies non ajustées aux besoins des clients, plats ne correspondant pas au goût des clients, gestion des stocks, organisation en cuisine centrale, etc. (...).Dans la région bruxelloise, par exemple : le gaspillage alimentaire est composé de 48% de produits entamés (problème de gestion des quantités achetées), dont en grosse majorité le pain, les pâtisseries, les biscuits, les fruits et légumes; 27% de produits périmés (problème de gestion des dates de péremption), surtout les fruits et les légumes puis les produits de viande, les produits laitiers et les plats cuisinés; 25% de restes cuisinés (...). Dans les pays les plus pauvres, la majorité des pertes a lieu avant d'atteindre le consommateur : 15 à 35% dans les champs et 10 à 15% au moment de la fabrication, du transport et du stockage. Dans les pays riches, la production est plus efficace, mais les citoyens jettent beaucoup d'aliments ». Le gaspillage de céréales, de légumes et de viandes accroît non seulement le coût des denrées alimentaires, mais leur production inutile augmente aussi la consommation d’eau déjà insuffisante, l’empreinte écologique, le niveau de CO2, le réchauffement climatique...

 

Le permafrost représente une véritable bombe à retardement climatique. Le permafrost (pergélisol) se compose de terres gelées qui représentent 20% des surfaces terrestres de la planète.Celui-ci contient du méthane gelé.  Or, ce gaz s’avère « 15 à 20 fois plus nocif que le CO2 dans la  fabrication de l'effet de serre ! ». À partir d’un certain niveau du réchauffement climatique, l’accélération de la fonte du permafrost s’accentuera, ce qui accroîtra à nouveau la température terrestre, créant un cercle vicieux destructeur, un emballement exponentiel, sans qu’il soit possible de revenir en arrière. Si le permafrost dégelait de manière excessive, la planète deviendrait alors rapidement une cocotte minute, les êtres humains et la majeure partie des êtres vivants n’y survivraient pas. Or, le principe de précaution contre le réchauffement climatique est peu appliqué par les gouvernements et les citoyens les plus riches. De plus, nous savons que la terre subit une hausse des températures, mais nous ne savons ni quel niveau cela peut atteindre, ni dans combien de temps.

 

La responsabilité du réchauffement climatique revient d’abord aux pays riches.

Face aux besoins croissants en nourriture, on accuse les pays dont la démographie et la croissance augmentent rapidement, comme la Chine, le Brésil, ou l’Inde. Face à la croissance de l’effet de serre et des risques que fait peser la production du CO2 sur le climat, on reproche en particulier à ces pays de croître, afin d’imiter le modèle occidental productiviste. Ce dernier, s’il a permit à la majorité de la population de subvenir à ses besoins essentiels, a comme inconvénient majeur, qu’il n’est pas soutenable, car les ressources terrestres non renouvelables sont insuffisantes à terme et le réchauffement climatique met les conditions de vie sur terre en péril.

Selon le ministère de l’Environnement, en 2008, la Chine émettait 22,3% des émissions de CO2, contre, 19,1% pour les USA, 4,9 pour l’Inde 1,3% pour la France, et 1,2% pour le Brésil. Depuis que la Chine est devenue le plus grand contributeur du réchauffement climatique de la planète, nombreux sont ceux qui l’incitent à diminuer ses émissions, d’autant que cela limiterait la capacité concurrentielle de la Chine, dans la compétition économique internationale. Cependant, si on fait un calcul pour savoir quel pays a émis le plus de CO2, depuis le début de l’ère industrielle, c’est l’Angleterre qui dispose de la dette écologique principale. Par contre, si nous mesurons cette pollution en fonction des Kg de CO2, par habitant, ce n’est plus la Chine, ni l’Angleterre, qui tiennent la tête, mais les États-Unis, avec 18,4 TEC/hab. Enfin, si on prend le niveau de l’empreinte écologique par habitant, c’est le Quatar, qui tient la tête avec 12ha/hab en 2005 selon le WWF. Ces divergences d’évaluation de la dette écologique permettent à chacun de ces pays d’éviter de faire le premier pas, dans la réduction de l’effet de serre, considérant chacun qu’ils ne sont pas les plus responsables. Or, en réalité la responsabilité est proportionnelle à l’impact des nations et de chaque individu.

Selon l’AIE (l’agence internationale de l’énergie), la terre ne pouvait pas absorber chaque année, plus de 22 milliards de tonnes de CO2/an, soit 3 milliards de tonnes d’Équivalents Carbone. Depuis les années 1970, les terriens en émettent près de 7 milliards, soit le double de l’émission soutenable. Lorsqu’il y avait 6 milliards d’habitants, il fallait 500kg/par et par an. Selon l’AIE, en 2010, afin de ne pas accroître le réchauffement climatique, l’objectif mondial à ne pas dépasser était de « 3 milliards de tonnes de carbone pour 6,7 milliards d'individus (en passe de devenir 7 à 9 d'ici à 2050), cela signifie, si nous répartissons équitablement le "droit à émettre", tout au plus460 kg de carbone par personne et par an ou encore 1,64 tonnes de CO2par personne et par an (en moyenne planétaire) » souligne Jean Marc Jancovici. En 2008, selon les statistiques du ministère de l’Écologie, la pollution en Tonne Equivalent Carbone (TEC), d’un habitant des USA était de 18,4, de 5,7 pour un français, et de 4,9 TEC pour un Chinois.

Si on compare cela, aux mesures les plus récentes, c'est-à-dire celles des émissions de 2004 (publiées dans les statistiques de 2010), « ce "quota équitable" de 460 kg de carbone par personne et par an représente moins de 10% des émissions de CO2d'un Américain, d'un Australien ou d'un Canadien, qui devrait donc diviser ses émissions par 10 à 12 pour participer équitablement à l'effort de réduction mondiale nécessaire, 25% des émissions d'un Suisse, d'un Français, environ 30% des émissions d'un Chinois ». Tous ces pays devraient donc diminuer leurs émissions de CO2, par contre, 460Kg, ne représentent que « 2 fois les émissions d'un Pakistanais ou d'un Philippin, et 5 fois celles d'un habitant du Bangladesh : quelques pays ont donc encore la possibilité d'émettre un peu plus», tandis que les Indiens étaient émettaient le quota moyen admis.

En fait, concernant le réchauffement climatique, chacun d’entre nous dispose d’une part de la responsabilité proportionnelle à ses émissions de CO2. Jean Marc Jancovici nous explique que 500 kg d’Équivalent Carbone correspond concrètement à une seule des actions ci-dessous :

- un vol en avion aller-retour Paris-New York par an ;

- 5000 km par an en voiture

- moins de la moitié de la consommation annuelle d’électricité par français qui est de 6700Kwh,

- 1,5 micro-ordinateurs à écran plat par an

- 200 clics Internet par jour par an....

 

Le combustible des automobiles au Nord contre la nourriture au Sud ? Concernant la consommation journalière de pétrole, un Chinois en consomme de 0,5 à 1,1 litres, un américain de 11 à 12 litres, soit près de 12 fois plus. Or, Jacques Diouf, le directeur de la FAO, précisait qu’il y avait déjà 100 millions de tonnes de céréales transformées en carburant en 2006. Jean Ziegler souligne qu’il faut 232 kg de maïs nécessaire pour faire un plein de cinquante litres d’éthanol. Cette quantité de maïs représente assez de calories pour faire vivre un enfant pendant un an.

 Un rapport confidentiel de la Banque mondiale, obtenu par le Guardian, affirme que Don Mitchell, un économiste réputé de la Banque mondiale, « a calculé le prix d’un panier de denrées entre janvier 2002 et février 2008 et mesuré une hausse globale de 140%. Prenant en compte la ’’chaîne des conséquences’’, Mitchell estime que sur les 140% d’accroissement, 35% sont imputables à la hausse des prix de l’énergie, des engrais et à la faiblesse du dollar, et 75% aux agrocarburants. Le rapport ’’affirme que la production des biocarburants a désorganisé le marché des produits alimentaires de trois façons majeures. D'abord [la demande pour les biocarburants] détourne le blé vers l’éthanol et non vers l’alimentation. Ensuite, à l’heure actuelle, presque un tiers du maïs produit aux Etats-Unis sert à la production d’éthanol et environ la moitié des huiles végétales (colza, tournesol, etc.) sont utilisées pour le biodiesel. Et finalement, cette dynamique haussière a attiré la spéculation sur les céréales ’’ ».

Jacques Berthelot estime que « les États-Unis sont indubitablement les principaux responsables de la flambée des prix agricoles et des émeutes de la faim actuelles, par les objectifs déments qu’ils se sont fixés pour la production de biocarburants et parce que, comme on l’a vu, ce sont les prix des grains des États-Unis qui font les prix mondiaux sur lesquels les autres pays exportateurs s’alignent ». Cependant, les Européens ne sont pas en reste.

Les transnationales Européennes et Américaines ont demandé à leurs gouvernements de les subventionner pour la production d’agrocarburants, afin qu’ils deviennent rentables, concernant  le soja, la betterave (transformés en biodiesel), les céréales ou la canne à sucre (sous forme d’éthanol). C’est pourquoi, depuis avril 2008, tous les carburants essence et diesel en Grande-Bretagne ont inclus 2,5% de biocarburants. L'UE a envisagé de relever cet objectif à 10% en 2020 ».

En 2007, les biocarburants représentaient 2,6 % de l’ensemble des carburants utilisés dans les transports routiers en Europe. Au nom de la sécurité énergétique, en mars 2007, lors du Conseil des ministres européens, il a été « décidé que les agrocarburants devraient représenter 5,75 % en 2010, puis au moins 10% de la consommation d’essence et de gazole des transports, dans chaque État membre (...).Mais, la France a choisi d’aller plus loin que ces objectifs européens ». Par conséquent, chaque fois qu’un Européen fait un kilomètre en voiture, il brûle actuellement des agrocarburants qui auraient pu être utilisés pour l’alimentation des plus malnutris.

Dans son rapport prospectif sur l’alimentation pour les années 2007-2016, la FAO prévoit une augmentation de 20 à 50% du prix des denrées alimentaires. Selon l’IFPRL, « un institut spécialisé sur les questions d’alimentation et d’agriculture, qui a étudié plus directement l’impact du développement des agrocarburants sur les prix alimentaires, on peut s’attendre à des hausses significatives de nombreuses denrées alimentaires à l’horizon 2020, par exemple de 16 à 30% pour le blé selon les scénarios, ou encore de 54 à 135% pour le manioc, et de 23 à 41% pour le maïs, en raison du développement des agrocarburants ».

Compte tenu du fait que les agrocarburants n’ont pas bonne presse chez les militants écologistes et les associations pour la justice sociale, ils sont abusivement dénommés biocarburants par ses promoteurs plutôt qu’agrocarburants. Or, ils n’ont rien de ’’bio’’, puisqu’ils poussent dopés aux engrais et aux pesticides. De plus, des entreprises, telles Sofiprotéol (et sa filiale Oléosud) ou des fondations, telles Farm réalisent des projets de développement d'agriculture vivrière. Ceci, dans le but de tenter de rendre plus acceptable, par l’opinion publique, le développement des agrocarburants. Ces derniers accroissent directement le prix des céréales dont dépendent les populations plus pauvres pour se nourrir. La fondation Farm mobilise aussi des mécènes (BASF agro, Syngenta, Tereos, Progosa), qui sont des géants agro-industriels ou pétrochimiques, qui cherchent à se racheter une image plus acceptable.

 

Les pays les plus riches et les grandes entreprises des pays industrialisés achètent des terres au détriment de l’agriculture vivrière locale. Les locations (à très long terme) et ces  achats de terre par des agro-industriels visent, à cultiver des agrocarburants ou les céréales qui manquent dans leur pays. À travers ces réformes foncières de nature néolibérale, il s’agit d’ouvrir le marché des terres agricoles aux entreprises occidentales notamment, afin que les plus riches puissent s’octroyer les ressources agricoles déficitaires dans les pays développés. L’ONU estimait en 2008, que 60 millions de personnes sont menacées d’expropriation du fait de l’expansion des cultures destinées aux agrocarburants, dont cinq millions de ces personnes se trouvant en Indonésie. En 2008, le rapport du Grain évaluait déjà, à 40 milliards d’ha,la surperficie des terres, qui avaient été achetées par des transnationales. Des populations locales sont parfois expulsées, le prix des terres augmente, alors que les terres agricoles accessibles aux petits paysans manquent dans certains pays, tel au Brésil, où les mouvements des « paysans sans terre » militent contre cette situation.

A Madagascar, « le sud-coréen Daewoo Logistics s’est lancé dans la culture de maïs et la production d'huile de palme, où le groupe bénéficie d'une licence d'exploitation de terres immenses pour une durée de quatre-vingt-dix-neuf ans. Un accord signé avec le gouvernement, en juillet 2008, lui accorde 1,3 millions d'hectares de terres, soit l'équivalent de la moitié des terres arables de la Grande Île. Les Sud-Coréens comptent, de ce fait, renforcer la sécurité alimentaire de leur pays, quatrième plus gros importateur de maïs ». Alors que le pays ne produit pas suffisamment de denrées alimentaires pour se nourrir, la population s’insurge. Ainsi, en décembre 2008, le maire d'Antananarivo, Andry Rajoelina, appelle à une grève générale, contre le président de la République de Madagascar, Marc Ravalomanana. En mars 2009, Rajoelina chassera Ravalomanana du pouvoir, pour y prendre sa place. Généralement, ces achats de terres se font discrètement entre les pouvoirs publics et des transnationales, la population n’est pas informée et donc ne se révolte pas.

 

Le marché des droits à polluer est une opportunité d’accroissement des profits des plus riches au détriment des  pays pauvres. Le protocole de Kyoto, dont l’application a débuté en 2005, est censé créer des accords entre les nations afin de diminuer les émissions de CO2 au plan mondiale. Cependant, en 2011, il n’a toujours pas permis de réduire ces émissions qui continuent de croître sans cesse. Par contre, il permet en réalité aux pays les plus industrialisés, d’éviter de réduire leurs émissions de CO2, en rachetant les droits à polluer des plus pays les plus pauvres. Ainsi, les plus riches continuent à polluer, tandis que les nations les plus pauvres, une fois qu’elles ont vendu leur quota d’émission de CO2, sont potentiellement limitées dans leur développement économique. Or, il s’agit de pays, pour lesquels la satisfaction des besoins essentiels n’est pas suffisante et supposerait un accroissement de certains secteurs de production.

Les négociations internationales concernant le commerce du carbone, tel l’initiative REDD (Réduction d’Émissions issues de la Déforestation et de la Dégradation) modifie l’usage des forêts et les terres agricoles des peuples locaux. Morgan Ody, membre d’Europe solidaire, explique qu’une « entreprise polluante en Europe pourra choisir de ne pas réduire ses émissions et compenser, en achetant des crédits-carbone à une entreprise, en Indonésie par exemple, qui possède une forêt. Dors et déjà, alors même que l’accord n’est pas encore signé, des investisseurs, en recherche d’un placement ’’durable’’, commencent à acheter des territoires entieres au détriment des populations qui les habitaient. Ils vendent ensuite les crédits-carbone sur des marchés volontaires et font double profit en commercialisant le bois (...). Toutes les réductions d’émissions auxquelles se sont engagés les pays riches depuis 1997 peuvent se monnayer, en échange de la construction d’une centrale hydraulique ici, d’une plantation de palmiers à huile là-bas ». « La réalisation de projets économes en GES (implantation d’éoliennes, captage de méthane issu de décharges, substitutions de combustibles, développement de la filière bois, etc.) peut ainsi permettre un transfert de quotas entre signataires du protocole » poursuit Bernier.

 

Le marché des droits à polluer et des procédés économes en CO2 devient même une opportunité de profit spéculatif. Aurélien Bernier précise que, pour le groupe Rhodia par exemple, en novembre 2005, son PDG « annonce la rénovation de deux usines situées l’une en Corée du Sud, l’autre au Brésil. En effectuant 14 millions d’euros de travaux sur ces usines, Rhodia va obtenir des quotas de CO2 (77 millions de tonnes), valorisables à hauteur de 200 millions d’euros par an ! Le titre progresse de 14 % dans l’heure qui suit ».

 

Le marché des droits à polluer favorise l’implantation des transnationales du Nord dans les PED (Pays en développement). « Compte tenu des niveaux d’équipement et des différences de coût de main-d’œuvre, économiser une tonne de CO2 en Europe demande un investissement de 80 euros. En Chine, la même tonne évitée coûte en moyenne... 3 euros (...). Dès lors, personne ne trouvera étonnant que les entreprises des pays développés préfèrent investir en Chine, pour créer des activités économes en gisement de gaz à effet de serre (GES) ou moderniser des installations existantes, plutôt que de réduire leurs propres émissions. De plus, en abondant des fonds carbone avec de l’argent public, les Etats ont la possibilité d’accorder des aides déguisées, aux entreprises, puisque ce sont elles qui bénéficieront, au final, des quotas nouvellement créés (...). Selon la Banque mondiale, la Chine et l’Inde pesaient à elles seules 73 % des URCE (Unités de Réduction Certifiée des Emissions), et les projets qu’elles accueillaient se comptaient par centaines. Le continent africain dénombrait à peine plus d’une trentaine de projets, et 80 % des crédits s’y concentraient sur trois pays : Afrique du Sud, Égypte et Tunisie ». Ce marché des droits à polluer permet ainsi, aux pays riches, de subventionner de manière déguisée leurs entreprises, d’accroître l’implantation de leurs industries dans les pays en développement, afin d’augmenter leur profit, au détriment des entreprises locales les plus fragiles. De plus, les entreprises du Nord peuvent ainsi continuer à polluer, tandis qu’elles réussissent à limiter la pollution et le développement des pays pauvres. On constate donc, comment, à partir d’une bonne idée, on peut parvenir à l’utiliser dans un sens différent et à son propre profit,grâce à la stratégie du détournement

 

Manger moins de viande favoriserait la protection de la planète et redistribuer l’accès à la nourriture pour tous. Or, actuellement,à la croissance des agrocarburants,s’ajoute la croissance de la consommation de protéines animales, avec le rapide développement des pays émergents (Chine, Inde, Brésil...), ce qui vient encore limiter le stock de protéines végétales disponibles. Mais, l'usage de ces dernières par rapport aux protéines animales, dans la redistribution des ressources alimentaires mondiales, semble sous-estimé par les populations des pays industrialisés et aussi par les organisations internationales. Comme le précise Pierre Parodi, les protéines végétales nécessitent sept fois moins de terre cultivée(que quoi ???) pour les produire.  Cela permet donc de produire sept fois plus de protéines sous forme de céréales, pour l’ensemble de l’humanité. De plus, il ajoute qu'il est tout à fait possible de se nourrir, sans aucun apport animal, lorsque les céréales sont associées aux légumineuses dans l'alimentation. Ces associations font d'ailleurs partie des traditions de nombreux peuples comme la semoule de couscous mélangée aux pois chiches en Afrique du Nord (Parodi, 1964 : 30).

Néanmoins,  même si ce mode d'alimentation est sain et nutritif, il peut être perçu comme une alimentation au rabais, si les Occidentaux ne l'adoptent pas eux-mêmes. Or, si le nombre de végétariens augmente  dans les pays du Nord,  il reste relativement peu important. Enfin, l’élevage intensif de bovins produit du méthane, car les vaches lorsqu’elles digèrent en renvoient dans l’atmosphère de grandes quantités. En Europe, cela représente près de 10% de l’ensemble gaz à effet de serre, selon l’Agence européenne pour l'environnement (2008). En France, les bovins rejettent, à eux seuls, 26 millions de tonnes de CO2 et le stockage de leurs déjections, 12 millions de tonnes, soit 38 millions. Soit, prêt de 3 fois plus que les 14 raffineries de pétrole qui émettent 13 millions de tonnes de CO2, selon la Caisse des dépôts. Mais dans la mesure où les Occidentaux importent de la viande, les conséquences d’une consommation carnée sont plus importantes encore en terme d’émission de CO2. De plus, l’élevage s’opère parfois, au prix de large déforestation comme au Brésil, ce qui renforce encore le réchauffement climatique.

 

L’épuisement des ressources non renouvelables de la planète est proche

 

Schéma de l’épuisement des métaux et de l’énergie (USC)

 

 

L'USGS (le service géologique des États-Unis) nous fournit des données concernant l’épuisement des réserves de métaux et d’énergies. Il s’agit d’estimation, d’ordre de grandeur et non pas de dates précises. Néanmoins, nous pouvons constater que les ressources de la plupart des métaux auront disparu vers 2050, soit dans une quarantaine d’années après 2010. Viendra ensuite le fer qui est le creuset de l’industrie, à partir de 2090 environ, dans 80 ans.

En ce qui concerne les ressources d’énergie, le pétrole devrait disparaître, dans environ 40 ans, le gaz, dans 60 ans et le charbon, dans 150 ans. Sous sa forme liquéfiée, il pourrait remplacer le pétrole et le gaz dans les véhicules de transports, cependant, ce dernier est émetteur de très importantes quantités de CO2, nuisibles à l’effet de serre.

Les ressources d’uranium seront épuisées aux alentours de 2040 selon l’UGCS. Les réserves énergétiques mondiales d'uranium exploitables, à un coût admissible, sont estimées à 3,93 millions de tonnes, selon l’AIEA. D’après l’Energy Watch Group, la fin des ressources d’uranium se situerait atteinte plus tôt, dès 2025, tandis que d’autres analystes envisagent plutôt les années 2060, voire 2090 (si l’exploitation ne se s’accroissait pas), or c’est loin d’être le cas.  Ce qui aboutit, à un écart, dans les prévisions, comprises entre 15 et 50 ans en 2010, si la demande continue à croître à la vitesse actuelle.

Les ressources en fer devraient être épuisées vers 2090, soit dans 80 ans, en 2010. Or, le Fer est le fondement de notre société industrielle, tous nos moyens de transport, notre technologie s’appuient principalement sur lui. S’il disparaît, l’industrie sera considérablement limitée et ne pourra continuer de fonctionner qu’en recyclant le fer.

Néanmoins, l’incertitude relative concernant tous ces chiffres réside dans le fait que quelques gisements supplémentaires peuvent être découverts. Mais surtout, parce que nous ne savons pas exactement, à quelle vitesse, la demande mondiale va progresser, avec la croissance économique et démographique des pays émergents Chine, Inde, Brésil... Or, la courbe de la demande augmente de plus en plus vite : On estime que la consommation énergétique mondiale augmentera de 50%, d’ici à 2030. Tandis que, de l’autre côté, la courbe des réserves, elle, décroît rapidement dans le sens opposé. C’est pourquoi, avant même la fin des réserves, de nombreuses ressources non renouvelables (pétrole, fer, cuivre...) auront atteint des prix inaccessibles pour la population moyenne.

Récapitulons les estimations de l’USGS :

2020 : fin de l'argent

2025 : fin de l'or, du zinc,

2030 : fin de l'étain et du plomb (71% de la production de plomb est destiné aux batteries)

2040 : fin du cuivre (utilisés dans l’industrie électrique :câbles, bobinages...)

2040 : fin de l'uranium

2050 : fin du nickel (utilisés dans les batteries automobiles, téléphones, ordinateurs...)

2050 : fin du pétrole

2070 : fin du gaz naturel

2090 : fin du fer

2140 : fin de l'aluminium

2160 : fin du charbon

 

Par ailleurs, en 2010, la Chine produisait 95% des terres rares, c'est-à-dire des métaux rares, difficiles à extraire et indispensables pour la technologie actuelle. Or, on estime qu’il faudra au moins dix années,aux occidents pour rattraper leur retard sur la Chine, afin de parvenir à des prix concurrentiels. Par conséquent, en plus des problèmes d’extinction des ressources non renouvelables, certaines comme les terres rares, vont aussi devenir un enjeu géopolitique.

 

Les ressources de pétrole pourraient être épuisées 40 ans après l’année 2010

Le temps du pétrole à bon marché est déjà terminé en 2011, avec plus de 1,50 euro/litre, soit 10 francs d’autrefois... Les transnationales tirent déjà un profit colossal, de la croissance des prix du pétrole. Alors que l’ONU estime qu’il suffirait de 80 milliards de dollars, par an, pour satisfaire les besoins essentiels dans le monde. Voici, à titre de comparaison, les profits des plus grandes entreprises pétrolières : « En 2007, Exxon Mobil, la compagnie américaine numéro un mondial, a annoncé avoir battu son propre record, en réalisant le plus gros bénéfice de l’histoire. Elle a engrangé, l’année dernière, la somme astronomique de 40,6 milliards de dollars, soit une somme supérieure au PIB des 2/3 des pays du monde. Chevron, la deuxième compagnie américaine, fait état de 18,7 milliards de bénéfices. La Royal Dutch Shell a, pour sa part, enregistré un bénéfice annuel de 27,5 milliards de dollars » . « Quant à Total, l’entreprise a réalisé 12,2 milliards d’euros de bénéfice en 2007 ».

 


Les projections, pour la fourniture mondiale de pétrole, sont les suivantes: en 2006: 81 Millions de barils / j, en  2020: 58 Mb / jour, en 2030=39 Mb / j). British Petroleum estime que plus de 50% des réserves ont déjà été extraites en 2007. Selon l’analyse de l’Energy World Group, la production mondiale de pétrole a atteint un sommet, en 2006. Quant à Yves Cochet, il estime que le pic du pétrole (de Hubbert), c’est-à-dire le maximum de production, serait plutôt atteint entre 2009 et 2012. Le pic de l’énergie disponible (gaz, uranium, pétrole...) qui amorcera la décroissance énergétique est estimé se situer entre 2025 et 2030,ceci lié au fait que la demande d’énergie sera supérieure à la production (l’offre) poursuit Yves Cochet.

Certains analystes, tel Christian Ngô, dans son ouvrage « Demain l'énergie, moteur de l'humanité », estiment qu’il faudra attendre peut-être un siècle, donc vers 2100, avant que le pétrole et le gaz ne disparaissent. Mais, le service géologique des Etats-Unis, lui, s’avère plus pessimiste, car il estime que dans 40 ans, vers 2050, les réserves seront épuisées. Mais dès 2020, et encore plus en 2030, l'offre mondiale de pétrole baissera considérablement. Cela va créer un fort écart entre l'offre et la demande et faire grimper les prix.

Isabelle Mouilleseaux imagine la future hausse des cours du pétrole : « Alors que L'Agence internationale de l'énergie escomptait pouvoir atteindre, en 2030, une production de 116 millions de barils/jour, elle semble revoir, en ce moment, ses estimations en très forte baisse (...). La demande devrait atteindre, en 2020, les 106 millions de baril/jour et, en 2025, les 115 millions. Les trois-quarts de la hausse étant le fait des pays émergents. Le trou, entre l'offre et la demande est béant. Les marchés frissonnent. Les cours grimpent. (...). En 2008, les cours du pétrole ont atteint 135 $ le baril,! Les cours du pétrole des spéculateurs, à lhorizon 2016, cotaient 442 $ sur les marchés à terme » !

Yves Cochet estime, pour sa part, que c’est surtout, entre 2010 et 2020,  que les prix du pétrole vont considérablement augmenter, ce qui va profondément transformer l’économie mondiale, en pénalisant d’abord, les entreprises de transports (aviations, routiers, marchandises, tourisme à longue distance...) qui vont voir leurs prix exploser et  cela créera des faillites à la chaîne.

Compte tenu du fait que le prix du pétrole va monter progressivement, en flèche, les producteurs n’ont, cependant, pas intérêt à en vendre trop actuellement, d’une part pour ne pas faire baisser les cours actuels, mais surtout parce que, sur la fin des réserves, les profits seront exponentiels.

Par ailleurs, une partie des réserves du pétrole est constituée de ce que l’on dénomme des huiles visqueuses, ou des sables asphaltiques. Or, pour un baril de pétrole extrait, 10 barils d’eau sont nécessaires, ce qui est donc extrêmement polluant et très consommateur d’eau.

 

Le manque d’eau est un problème grave pour des millions d’êtres humains. Or, aux problèmes de pollution, engendrés par l’exploitation du pétrole,va s’ajouter le fait de puiser sur  des réserves d’eau dont l’insuffisance s’accroît, chaque année, dans les PED. Le fait de consommer une eau trop polluée engendre 3 à 5 millions de morts, chaque année, dans le monde, explique l’OMS (2009). C’est donc plus de deux fois la population de la ville de Paris (2,2 millions en 2010), qui décède, chaque année, pour cette raison. L’OMS ajoute que 500 millions à 1 Milliard d’être humains manqueront d’eau, car la quantité d’eau potable par habitant va diminuer d’un tiers en 20 ans (entre 2010 et 2040). D’une part, du fait d’un accroissement de la consommation d’eau par individu et d’autre part, à cause de la croissance de la population.

 

Le rapport « halte à la croissance » fut l’instrument d’une lutte des classes. Le lancement, par le Club de Rome en 1972, par les grandes transnationales automobiles et du pétrole notamment (Ford, Exxon (Esso), Mobil, Rockefeller…) du mouvement pour la « croissance zéro » relève donc d’abord d’une ’’guerre’’ des classes industrielles dominantes, contre les  masses et représente en même temps, une lutte interne, au sein des acteurs dominants de l’énergie (pétroliers contre nucléocrates). Cette stratégie visait donc deux objectifs simultanés (lutte interne et lutte contre les masses) et deux moyens d’actions, le lancement de la croissance zéro et l’instrumentalisation de certaines ONG antinucléaires et écologistes, pour servir les intérêts des pétroliers.

Pour des objecteurs de croissance défendant des valeurs sociales (écosocialistes), tout l'enjeu consiste à prendre conscience qu’ils peuvent être soutenus par des acteurs économiques qui travaillent à la fois avec eux et contre eux.

Au départ, leur but est commun, décroître pour protéger la planète et les ressources non renouvelables (pétroles, minerais...). Mais dans un second temps, les classes industrielles et capitalistes dominantes entendent s’approprier les ressources restantes, par l’accroissement du prix des ressources rares et grâce à une décroissance de la consommation des masses les plus pauvres qui en résulte.

Cela ne signifie pas que le but défendu par des associations écologistes décroissantes et antinucléaires soit erroné et illégitime, mais que les associations, les ONG, sont parfois utilisées à leur insu, par les élites économiques et politiques. La solution, pour le mouvement écologiste, consiste donc, à comprendre que chaque action contre un de leurs ennemis peut contribuer à soutenir un autre de leurs ennemis. Pour cette raison, certains industriels ou gouvernements, financent des ONG, lorsqu’ils ciblent des ennemis communs à combattre. Cependant, les ONG luttent généralement pour un idéal civique, altruiste et pour l'intérêt général, tandis que majoritairement les gouvernements et les industriels agissent pour les intérêts des classes dominantes et contre leurs concurrents commerciaux.

 

La stratégie du retournement peut transformer une « bonne » mesure en son contraire.

A chaque fois qu’un acteur défend donc une proposition, il doit donc avoir, à l’esprit, les conséquences possibles, qui peuvent être positives et négatives. C’est-à-dire de son point de vue, et par rapport aux objectifs qu’ils se fixent.

Ainsi, une bonne proposition défendue par des partisans de politiques sociales, peut, très facilement, se retourner contre eux. Cela dépend donc du rapport de force du moment. Or, celui-ci peut varier entre le début de l’action, la promesse politique du candidat, le vote de la loi et la mise en oeuvre finale. Cela dépend surtout du contexte, de l’orientation politique dominante. Or, au début du XXIe siècle, c’est le capitalisme libéral qui domine le monde. Par conséquent, la probabilité la plus grande, si ces institutions et ces régulations nouvelles se mettent en oeuvre,est  que cette proposition sera détournée, afin d’être mise au service des acteurs dominants du système capitaliste, actuellement hégémonique.

Ainsi, face à la mondialisation capitaliste libérale, on assiste à deux stratégies opposées, l’antimondialisme et l’altermondialiste. Pour les antimondialistes ou les anti-européens, compte tenu du rapport de force existant, tout renforcement des institutions européennes et internationales et des régulations (taxe Tobin, clauses sociales...) n’aboutira qu’à renforcer le contrôle capitaliste et adémocratique. Ce faisant, les antimondialistes laissent échapper la possibilité d’un renforcement, à terme, d’une démocratie sociale et écologique, du local au plan continental ou international, telle une fédération internationale autogestionnaire. Mais, c’est la stratégie la plus prudente, selon eux.

Pour les altermondialistes, il s’agit de proposer des réformes visant réguler le capitalisme et à démocratiser les organisations internationales, jusqu’à parvenir progressivement, à un fédéralisme socialiste démocratique international, par exemple. Mais, ces petites réformes comportent le risque d’être récupérées par les acteurs dominants, afin de renforcer de plus en plus le fonctionnement actuel d’un gouvernement mondial dirigé par des experts au service des entreprises capitalistes.Et, selon les altermondialistes, cette stratégie, visant à créer une démocratie sociale mondiale, leur paraît la plus prometteuse, même si elle s’avère aussi la plus périlleuse

Or, les acteurs dominants ont bien compris ce mécanisme de retournement des idées de leurs adversaires, comme le font les meilleurs adeptes des arts martiaux. C’est pourquoi, proposer une mesure à court terme doit toujours être soupesé, en fonction du contexte, du  rapport de force et du long terme, pour ne pas aboutir à des effets inverses.

 

Les écosocialistes doivent dénoncer les écocapitalistes, afin que leurs actions ne soient pas détournées. L’origine des mouvements écologistes et décroissants remonte bien avant l’appel du club de Rome et sa probable tentative d’instrumentalisation. En effet, on peut faire remonter les premiers mouvements d’écologistes et décroissants au sein des courants chrétiens, tels les Franciscains, au XIIIe siècle. Mais, c’est principalement dans la seconde moitié du XIXe siècle, que les mouvements d’écologie politique se sont développés, avec la croissance du capitalisme industriel, avec les mouvements romantiques, les chrétiens anti-modernistes, le mouvement anarchiste, avec le retour à la nature, le végétarisme, la non-violence inspirée par Léon Tolstoï, Henry David Thoreau, Élisée Reclus.

Au début des années 1970, les membres du Club de Rome ont pris conscience, à la fois du danger que représentait la montée des mouvements écologistes et la limitation des ressources non renouvelables, pour l’industrie des pays les plus riches et de l’opportunité qui s’offrait à eux. Ils ont donc lancé une stratégie de retournement de l’écologie et de la décroissance contre les plus pauvres.

Le but des écosocialistes vise, à l’inverse des écocapitalistes, à limiter les développements du productivisme industriel,le développement du nucléaire, afin de protéger la nature et la santé des êtres vivants, à limiter la croissance source de pollution et d’accroissement du réchauffement climatique d’une part. Mais d’autre part, il vise à limiter la consommation des ressources non renouvelables (pétrole, métaux...) et des ressources essentielles (l’alimentation), par les plus riches, afin que les plus pauvres puissent vivrent décemment.

Par conséquent, s’ils veulent parvenir à leur fin, les écosocialistes, qu’ils soient objecteurs de croissance ou non, ne doivent pas accepter d’être subventionnés par des acteurs dont les intérêts à long terme, sont antagonistes avec les leurs, sinon leurs objectifs seront probablement détournés. Une taxe écologiste peut ainsi avoir un impact écologique réel et des résultats sociaux négatifs, si ce sont seulement les plus pauvres  qui sont sensibles à cette taxe, car leurs ressources sont les plus faibles. Ainsi, les plus riches peuvent préférer payer la taxe, plutôt que de restreindre leurs pratiques non écologistes, tandis que les seuls à respecter la règle écologique seront les plus pauvres, par manque de ressources financières.

Si les militants de l’écologie et de la décroissance ne dénoncent pas  le détournement de leur cause, au détriment des plus pauvres, alors ils seront sans doute instrumentalisés à leur tour et leurs actions militantes se retourneront contre eux.Et ceci, d’autant plus que les membres des associations sont majoritairement membres de la classe moyenne et que dans un second temps, ils seront eux aussi, sous la pression des classes dominantes.

 

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